Ma critique vidéo sur Jurassic World - Renaissance
Ressuscité (si on peut dire) en 2015, la saga Jurassic Park aura marqué son retour avec une nouvelle période de long-métrages, les Jurassic World. Des long-métrages qu’on ne retiendra pas beaucoup malgré quelques qualités et pas mal d’incohérences. Le 2ème opus étant probablement le plus apprécié pour ses superbes visuels et les troisième le plus détesté pour un concept de base intéressant mais pas du tout exploité (ce qui est assez vrai). Cette fois, c’est Gareth Edwards qui s’occupe de la réalisation de ce nouvel opus et pourquoi pas ? Gareth Edwards a toujours eu cette notion de gigantisme qu’il a toujours su montrer de manière impressionnante dans la plupart de ses films (+ Star Wars Rogue One qui était vraiment bien). Est-ce que son nom à la réalisation suffisait pour rassurer les fans ? Peut-être pas vu que ça continue une saga que la plupart aimerait qu’on laisse tranquille. Et donc, que vaut ce nouveau long-métrage Jurassic World ? C’est un bilan assez mitigé. D’un coté, c’est très beau visuellement et travaillé sur la mise en scène, de l’autre, c’est scénaristiquement très critiquable.
Positif
- Zora Bennett (Scarlett Johansson) est une mercenaire chargée de récupérer les échantillons afin d’obtenir beaucoup d’argent. Elle est juste une femme d’action efficace qui sait se battre mais elle est aussi une bonne protagoniste, surtout à travers son évolution avec Loomis pour les dinosaures et par rapport à son passé intéressant à découvrir.
- Henry Loomis (Jonathan Bailey) est un professeur spécialisé dans les dinosaures dont les affaires ne semblent pas bien se passer avec la fermeture de son exposition. Il est surtout là pour son savoir sur les dinosaures et renseigner l’équipe mais c’est probablement le plus attachant du film par sa passion pour les dinosaures.
- Duncan Kincaid (Mahershala Ali) est le capitaine du bateau chargé d’emmener l’équipe et un ami de Zora qui semble avoir un passé un peu triste. Il est vrai qu’on s’attache un petit peu à lui par son histoire tout en étant un ami attachant de Zora.
- Martin Kreps (Rupert Friend) est un cadre chez ParkerGenix et il cherche à récupérer des échantillons de trois énormes spécimens de dinosaures afin d’obtenir des traitements contre des maladies cardiovasculaires. Bon, on sent venir que c’est un traître qui va plus penser aux affaires de l’entreprise qu’aux autres membres de l’équipe mais il passe ici.
- Le long-métrage démarre assez bien avec un site scientifique d’études de dinosaures qui a des soucis de fonctionnement (à cause de quoi par contre, on va y revenir) mais ça amène à des dysfonctionnements du système et un gros dinosaure mystérieux qui dévore quelqu’un et qui semble énorme. Il est vrai que cette introduction nous intrigue un peu sur cet endroit et sur ce fameux dinosaure qui semble plus gros que tout ce qu’on a vu avant.
- Le symbolisme est pas mal en fonction des différents personnages. On a la mère de Zora pour celle-ci, les dinosaures pour le professeur Loomis, ces échantillons pour Martin, la famille pour Duncan… Ces personnages là ont des éléments de symbolisme intéressants.
- En terme d’évolutions, il y en a des intéressantes comme celle de Zora par rapport à ses intérêts financiers ou de Loomis avec sa passion des dinosaures en les voyant en vrai. Ce sont des évolutions de personnages intéressantes à suivre.
- La notion de gigantisme est respecté et donne des dinosaures visuellement impressionnants. La taille de certains d’entre eux que nos personnages croisent et même de la plus grosse menace de l’île, ça marche véritablement.
- L’univers de Jurassic World s’étend un peu plus avec cette nouvelle île et ces nouvelles espèces rejetées et trop dangereuses pour le parc de l’époque. C’est bien mais il y a bien un moment où ils n’auront plus d’idée.
- Il faut reconnaître que la mise en scène est travaillée. Gareth Edwards sait faire de la mise en scène et il le prouve encore une fois de plus aujourd’hui avec ce nouveau long-métrage qu’il met bien en scène.
- En regardant bien, on voit des références assez sympathiques à Jurassic Park. Bon, certaines sont faciles, c’est vrai, mais ça reste des références qui sont assez plaisantes à voir en faisant attention.
- Les costumes sont simples mais ils définissent assez bien les personnages. Après, les costumes ne sont pas exceptionnels ici mais ça n’empêche pas de définir les personnages comme il se doit.
- Étrangement, cette fin a un petit coté apaisant après tout ce qui s’est passé et c’est une fin qui va assez bien avec les personnages après tout ce qui s’est passé et l’évolution de certains.
- Concernant les effets spéciaux, c’est de bonne facture. Franchement, les effets spéciaux sont sympathiques pour ce que c’est. Rien de grandiose en soi mais ça passe assez bien.
- Les musiques sont assez sympathiques. Rien de grandiose mais les musiques sont réellement de bonne facture avec ce qui se passe à l’image et ça s’entend.
- Concernant le jeu d’acteur, ça va. Les acteurs et actrices de ce long-métrage sont assez convaincants pour ce qu’ils proposent.
Négatif
- Autant on retient quelques personnages principaux dont on a parlé, autant ce n’est pas le cas de la petite famille. Le père divorcé qui emmène ses filles (et le copain de Teresa) pour un tour d’Europe en voile mais finissent dans cette aventure sans le vouloir. Franchement, ils ne sont pas intéressants du tout. Entre le père attachant mais on se demande ce qu’il fait ici, la plus jeune fille mignonne mais sans intérêt, l’ado un peu oubliable et son copain insupportable, on se demande comment ils ont eu l’idée de les rajouter ici. Ce ne sont pas les pires personnages qu’on ait eu mais on aurait pu se passer d’eux pour ce long-métrage, ou alors se limiter au père et à la petite fille qui sont les plus attachants de la famille.
- Et non, nous n’avons toujours pas eu le concept intéressant de dinosaures et d’humains qui doivent cohabiter car les humains se sont lassés d’eux et les dinosaures meurent d’une maladie particulière à l’exception de cette île près de l’équateur où nos personnages vont se rendre. Même dans un monde où ils se seraient lassés, on est d’accord que ce sont des excuses scénaristiques un peu trop faciles ? Par contre, le coup du public qui se lasse, c’est une bonne métaphore du public par rapport à la saga Jurassic World.
- Vous voyez le petit dinosaure qui suit Isabella avec du réglisse ? A quoi ça sert ? Ce petit dinosaure n’aidera jamais et il n’est là que pour vendre de futurs produits dérivés. Il est mignon oui, mais vous auriez pu le rendre utile scénaristiquement parlant quand même. Surtout que ces passages où elle fait en sorte qu’il les suive en l’appâtant avec de la nourriture, on dirait une image des producteurs et de l’argent pour attirer des pigeons qui croient encore en cette saga…
- On a parlé de la petite famille en elle-même mais leurs scènes sont également dispensables. En fait, si ils n’avaient pas été là, ça n’aurait pas changé grand-chose au long-métrage, même si c’est regrettable à dire car ils ne sont pas détestables (sauf Xavier) mais leurs scènes sont dispensables. Et ce n’est pas parce qu’on retrouve des scènes des livres dans leurs séquences que ça pardonne tout.
- Tiens ? Encore le coup d’une autre île de dinosaures où ils « étudiaient » les espèces avant que ça ne dérape ? Bon, on peut se dire qu’ils sont partis sur une valeur sûre en reprenant le concept de deuxième île du Monde perdu mais ça reste un recyclage d’idée un peu trop facile (et aussi difficile de croire que personne n’empêche les touristes d’approcher après ce qui est déjà arrivé par le passé).
- Malgré la taille des dinosaures et la mise en scène bien gérée, c’est difficile de ressentir de la tension pour eux. En même temps, on ne peut pas dire que la plupart sont attachants mais juste un petit peu intéressants donc difficile de ressentir de la tension pour des personnages auxquels on est pas trop attaché.
- On peut parler de certains moments un peu inutile et rallongés pour rien ? Comme par exemple le professeur Loomis qui mange bruyamment des pastilles avant de décider de venir dans l’expédition. C’est un détail mais ce sont des légers moments dispensables.
- L’introduction est bonne si ce n’est que ce détail d’un emballage de bonbon qui arrive à faire défaillir une porte, non. C’est un emballage de bonbon, à quel moment on est censé croire que ça peut faire disjoncter un système de fermeture de porte ?
- En terme d’émotion, ça aurait pu être plus impactant. Se limiter à une seule scène pour s’attacher à quelques uns d’entre eux et une séquence superbement mise en scène avec des dinosaures terrestres herbivores, c’est sympa mais ça ne suffit pas.
- On est d’accord que le scénario est assez facile à deviner ? L’expédition qui se passe mal, des morts, leur évasion de l’île et le changement de mentalité de certains… C’est peut-être bien développé mais ça reste assez prévisible dans le déroulé.
- Les moments de blagues pour détendre un peu l’atmosphère, ce n’est peut-être pas une bonne idée. Ce sont des petites blagues mais on sent que ce sont des blagues un peu forcées et inutiles.
!!! PARTIE SPOIL !!!
Ce passage où Duncan prend une fusée pour que le gros dinosaure le poursuive pendant que les autres arrivent à s’échapper, c’est vrai que c’est une belle scène. De plus, il a eu l’intelligence de lâcher son feu avant pour que le dinosaure le perde de vue (il doit avoir une mauvaise vue de nuit) et survive. Par contre, heureusement que le dinosaure n’est pas revenu quand il a lancé la fusée de détresse pour qu’on vienne le chercher, il a eu de la chance.
En apprendre un peu plus sur le passé de Zora et Duncan est une bonne chose. L’une a perdu un ami pendant une de ses missions et elle est obsédée par ses contrats maintenant (au point de rater l’enterrement de sa mère) et l’autre s’est séparé de sa femme après qu’ils aient perdu leur enfant. Mine de rien, c’est léger et peu abordé mais ça reste des semblants de développement qui donnent un peu de profondeur à ces personnages.
Quand on nous dévoile l’espèce d’énorme dinosaure du début, on se rend compte que ça n’a rien en commun avec ce qu’on connaît. Pas de lien avec un raptor ou un T-Rex, juste un nouveau dinosaure encore plus énorme à craindre.
Au final, ce nouveau Jurassic World - Renaissance aura de quoi plaire un peu plus que le dernier de 2022 mais reste un nouvel opus dispensable à la saga. Certes, c’est visuellement beau et Gareth Edwards avec sa notion de gigantisme dans son cinéma rend les dinosaures impressionnants mais ça ne suffit pas pour faire un bon long-métrage. On a une bonne mise en scène, des effets spéciaux de bonne facture, des personnages un peu intéressants, des décors de qualité et des dinosaures visuellement sympathiques. Après, ça ne nous fait pas oublier le scénario trop simple, la famille qui ne sert à rien, des moments inutiles avec un humour discutable, le manque d’émotion et quelques incohérences scénaristiques. Après, c’est sûr que ces visuels s’apprécieront sûrement plus au cinéma que sur un petit écran vu ce que ça propose mais ça aurait été mieux avec un meilleur scénario. Enfin, Gareth Edwards aura essayé mais il n’aura pas sauver la saga Jurassic World (même si elle n’a pas vraiment besoin d’être sauvée…)