En fuite après avoir détroussé ses anciens amis truands et les avoir "donnés" à la police, Raymond Pellegrin trouve refuge et un petit boulot dans un cirque. Il n'y sera pas tranquille longtemps car les gangsters Meurisse et Dufilho retrouvent sa trace.
"Jusqu'au dernier"
-car aucun des protagonistes impliqués n'échappera au châtiment,
suivant le précepte que bien mal acquis ne profite jamais-
aurait pu faire un polar funeste et tragique. Au lieu de quoi, l'absence de style de Pierre Billon ne permet pas au film de dépasser les conventions et les artifices d'un scénario complaisant. Les nombreux rebondissements, plus ou moins vraisemblables, de l'intrigue ne la rendent pas moins prévisible.
Les dialogues de Michel Audiard ne sont pas de nature, comme souvent, à donner de la véracité aux personnages; de la fantaisie, oui (et Paul Meurisse est évidemment un interprète de choix) mais aussi un certain brio qui éloigne les caractères de l'authenticité psychologique. Enfin, la relation sentimentale entre Pellegrin et l'artiste de cirque que joue Jeanne Moreau est tout à fait rudimentaire, factice.