Ça raconte sa vie ? Oui, et alors ?
Ça la raconte comment, parce que c’est ça qui compte ? Pour moi très bien. Sauf que pour moi, ça parle tellement de moi que je ne peux en parler sans…raconter ma vie. Alors, allons-y carrément !
Mes enfants des années deux mille m’ont dit d’aller le voir et que, devant, j’allais m’y retrouver. J’ai vu et j’ai trouvé qu’ils ont raison, je ne vous dirai pas pourquoi, je ne vais pas vous…raconter ma vie.
Le titre ?
Je connaissais Juste Une Mise Au Point de Jakie Quartz mais pas Just An Illusion de Imagination.
L’histoire ?
Ça vous parle d’un temps que ceux qui n’ont pas fait leur bar mitzvah dans les années quatre-vingt ne peuvent pas connaître.
Ça vous parle d’un temps où papa et maman ne cessent de s’engueuler sans pour autant « se séparer parce qu’il n’y a plus de Nutella » (formule moderne qui n’est pas de moi).
Ça vous parle d’un temps où, sur le plan boulot, ça va mieux pour les femmes et en même temps ça vous parle également de la crise dont parle un film intitulé La Crise (de Coline Serreau) avec, dans la salle d’attente pour l’entretien d’embauche des cadres en recherche d’emploi, une scène d’anthologie.
Certes il y a des « invraisemblabilités » comme le miracle promis par le père et qui arrive ou la mère qui met la télé, tombe sur la manif, et le seul à qui la télé donne la parole, c’est…Ouf ! J’allais spoiler. Certes il y a ça mais c’est totalement assumé.
Certes il y a de nombreux anachronisme, Anne-Karine (Anna Karénine ou Anna Karina ?) énumérés par wikipedia.
Certes la mère qui raconte à son fils l’exode et l’exil des rapatriés, c’est un peu Adieu, Mon Pays d’Enrico moins la guitare.
Certes la bande de jeunes peut rappeler un peu, voire un peu trop, les pré-ados d’une série pré-SODAS ou les collégiens de La Vraie Vie des Profs.
Mais le film a pour moi une grande qualité : il embellit les visages de plusieurs de ces interprètes au fil des scènes.
Camille Cottin danse très bien et l’inconnue Adèle Jayle dans le rôle de Madame Duchesnay est beaucoup moins antipathique que Monsieur.
Tiens ! Duchesnay, ça fait beaucoup plus pavillon de banlieue tranquille qu’appartement au 1er étage du Bâtiment B, là où habite l’amoureux de leur fille et du coup, je passe de Duchesnay à Lequesnoy, et du (re)coup, je trouve au jeune Simon Boublil quelque chose de Benoit Magimel dans La Vie Est Un Long Fleuve Tranquille.
Pour ce qui est de la cassette aussi précieuse pour les ados que celle d’Harpagon dans L’Avare, elle a un titre qui m’inspire le calembour suivant, « Il ne possédait pas Laure mais Laure le possédait » et d’autre part me rappelle une chanson d’avant les années 80, « Pauvre Laura » de Au Bonheur des Dames car il y est déjà question d’une ruée sur une fille, une chanson qui, aujourd’hui, ne « passerait » plus, d’ailleurs nulle radio ne la passe.
Morale : Mon fils, la vie n’est pas un long fleuve tranquille avant et après ta bar mitzvah.