Il y a des films qu’on regarde avec un certain recul cinéphile… et puis il y a Justice Sauvage (1991), une œuvre brutale, excessive, parfois improbable, mais que je considère sans honte comme le meilleur film de Steven Seagal. Un plaisir coupable dans toute sa splendeur.
Réalisé par John Flynn, Justice Sauvage coche toutes les cases du film d’action old school des années 90 : un flic borderline (Gino Felino), un méchant totalement déjanté (Richie Madano), des bastons de bar survoltées, et une justice expéditive servie par un Steven Seagal au sommet de sa forme… et de sa chemise en cuir.
Ce qui rend ce film si jouissif, c’est sa violence frontale, presque cartoonesque, qui flirte souvent avec le nanar, sans jamais y sombrer complètement. Le scénario ? Simple, mais efficace : un flic de Brooklyn part en chasse après l’assassin de son ami d’enfance. L’occasion pour Seagal de distribuer des mandales philosophiques et de casser des bras avec un sourire zen.
On pourrait critiquer le jeu d’acteur rigide ou les dialogues parfois surréalistes, mais franchement, ce serait passer à côté de l’essentiel : Justice Sauvage, c’est du cinéma d’action pur et dur, brut, sans fioritures, et avec une vraie ambiance urbaine poisseuse comme on n’en fait plus.
Entre deux punchlines cultes, de l'egotrip et un lancer de boulette de billard dans les "chico", le film se permet même quelques envolées morales sur la loyauté, la famille, et l’honneur. C’est Seagal en mode "Samouraï Keuf Mercenaire Mafieux" de Brooklyn, et ça fonctionne étonnamment bien.
En résumé, Justice Sauvage, c’est le meilleur de Steven Seagal, c'est aussi le film avec l'un des meilleurs vilains de toute l'histoire du cinéma d'action, un condensé en 90 minutes de baston, de flingues, et de fureur . Un film que j' assume aimer, justement parce qu’il est un peu too much et c’est ça qui le rend inoubliable.