Suite à sa série culte, Alexandre Astier avait donc réalisé un premier long métrage sorti en plein COVID en 2021. Le résultat était plutôt mitigé, contentant seulement les fans, avec une continuité un peu trop inégale pour le monde du cinéma. Mais avec 2,5 millions de spectateurs, le film fut considéré comme un succès commercial, surtout dans ces fatales conditions de restrictions. Astier pouvait donc se lancer sur la suite de sa trilogie, qui, devant l’ampleur de la tâche et c’est lui qui le dit, finira par être séparée en deux épisodes, tournés en même temps, la sortie de la seconde partie n’étant prévue que fin 2026.
A la fin du film précédent, Arthur avait vaincu Lancelot après dix années de dictature dans le royaume de l’Ogre, mais n’avait pas réussi à éviter la destruction de Kaamelott. La foi n’est pourtant pas revenue pour notre bon roi, puisqu’il commence cette nouvelle histoire dans son lit, ne se levant qu’en grenouillère, trainant sa triste carcasse en Carmélide dans le château d’une belle-famille excédée par son inactivité. Un début peu emballant, donc, car même si Bohort et Leodagan tentent de recréer une nouvelle table ronde, ce second volet semblait bien parti pour sombrer dans les mêmes écueils que son prédécesseur.
Pourtant, et heureusement, quand Arthur se débarrasse du pyjama, le film s’emballe. S’ensuit un modèle de construction pour faire participer les multiples personnages, plus sous forme d'apparitions pour Clavier ou Chabat, mais avec de vraies dramaturgies pour tous les autres. Lancelot s’adonne à la magie noire, Karadoc sans son acolyte Perceval est poussé par la dame du lac à se rendre en Méditerranée, les enchanteurs se perdent dans les tous-terrains, certains cherchent un dragon, les autres Yvain…Quant à Arthur, il engage un trio assez épique pour espionner une Orcanie aux mains de quatre sœurs des plus antipathiques, un véritable moment d'anthologie.
C’est drôle, très bien calibré, chaque quête possède sa propre montée en puissance. Seule celle du dragon paraitra légèrement incongrue et même hors propos, mais ce second épisode ne possède pas les énormes creux qui laissaient un constat amer à la vision du premier film.
Reste le gros problème de ce numéro deux, c’est une 1ère partie, donc aucune promesse n’est atteinte, rien n’est résolu, et il faudra attendre 2026 pour enfin voir l’aboutissement et le rapprochement de toutes ces branches de scénario.
L’autre sujet de grogne, l’absence de Perceval qui était pourtant promis à un grand destin selon la série, est vite balayée d’un coup de main et s’oublie rapidement tant la densité du récit s’accentue. Le divertissement est de ce fait bien réel, l’action captivante.
Tout est à destination des fans bien sûr, parce qu’Astier n’a absolument pas le temps de rattraper les autres, mais ce dernier ne s'abaisse tout de même pas à du fan service de bas étage, car cet univers est le sien et n’appartient à personne d’autre.
La réussite est grisante, la construction pharaonique, et l’univers arthurien toujours aussi pertinent et enthousiasmant. Mais comme l’attente va encore une fois nous sembler longue !