J'ai beau ne pas aimer le gros Q de Tarentino, il faut bien avouer que le bougre fait bien son boulot. Disons que, pour que je me mette à l'aduler, il faudrait qu'il ait un jour quelque chose à raconter, et non pas juste l'envie de faire un hommage au cinéma. Ce qui est déjà très bien. Je veux dire, il fait ça très bien, il est doué. Non seulement il arrive à recopier des scènes faites par d'autres (sans être dans le mimétisme à 100 % pour autant) mais en plus il arrive à créer un monde cohérent avec tous ces morceaux éclectiques.


Kill Bill Vol. 1 n'échappe pas à la règle. C'est tout simplement bien foutu sur le plan formel. Bon la première bagarre est pas très lisible, et c'est même souvent surdécoupé inutilement pour chaque combat, ce qui en gâche le plaisir. Mais malgré tout ça reste bien foutu. De même il y a plusieurs artifices formels totalement gratuit (le manga animé, finalement aurait pu être réalisé en live action ; le noir et blanc ; le plan de fin en noir et blanc sauf quelques bijoux ...) mais bon si on accepte de fermer les yeux là dessus, on peut alors se rendre compte que Tarentino offre bel et bien un bon spectacle. Du spectaculaire, oui, mais sans une orgie de CGI pour autant. Il va jusqu'à utiliser pas mal de vieux trucages pour faire gicler le sang. Puis c'est bien rythmé, et les affrontements de fin auraient facilement tomber dans l'ennui. Quentin parvient à convaincre parce qu'il marque des pauses entre deux combats. Tout n'arrive pas d'un coup. Pour cela il use de dialogues incisifs et de plans contemplatifs. Un travail de Maestro.


Question histoire, on pourra vraiment regretter que ce ne soit jamais très fouillé et surtout, reprocher la gratuité de la brisure de la ligne de temps. Pourquoi revenir constamment en arrière puis en avant? Pourquoi ne pas être linéaire? Ça donne une impression de complexité, et ça permet aussi de réveiller le spectateur 'malmené' puisque ce dernier doit se relocaliser à chaque chapitre (effort mental qui permet une réinvestigation dans le film). Procédé un peu facile pour attirer l'attention... mais ça marche. Je ne dis pas non plus qu'il n'y a aucun talent dans l'écriture. Certes il y a des artifices faciles (même un cliffhanger!) et le film est plutôt creux au delà de l'action et des références, mais il y a tout de même un chouette travail sur les personnages, un bon travail sur les dialogues (silly rabbit), un réaménagement des idées piquées ailleurs, et déjà à la base un bon travail sur le rythme du film.


Bref, Kill Bill est une coquille vide, oui, mais une très belle coquille quand même.

Fatpooper
8
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le 7 oct. 2012

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Fatpooper

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