Mouais.
Pendant presque deux heures, on suit Gil Bok-soon, tueuse à gages la nuit, mère d'une ado la jour. Si elle sait descendre tous les pauvres types que porte cette Terre avec brio, elle ne sait pas gérer son ado rebelle.
Ca c'est le pitch. Franchement, sur le papier, c'est assez intéressant. On sait qu'on va avoir de l'action avec des séances de combats et un aspect plus profond du personnage de Gil Bok-soon avec ses problèmes parentaux. Bon bah c'est que sur le papier.
Le scénario me semble un peu feignant. On a l'impression de voir une suite de scènes les unes après les autres, sans trop de passerelles entre elles. Tueuse à gage. Parent. Tueuse à gage. Parent. Ca manque de lien et donc de réalisme. La vie c'est toujours un peu de tout entre-mêlé. Ca ne va arriver qunee deux fois, à la fin des 2h où Bok-soon va se retrouver réellement à ce dilemme, mais même ça c'est pas hyper crédible, survolé et balayé d'un coup de main par une réaction quasi neutre de l'ado. En plus d'être un poil feignant, le scénario manque aussi un peu de contexte : pourquoi la relation mère-fille est tendue ? Cha Min-kyu va laisser supposer que l'ado construit un mur entre elles, mais pourquoi ? Est-ce qu'on part du postulat que ça respecte le cliché de l'ado qui tient ses parents à l'écart "parce qu'elle fait sa crise d'ado", ou que l'ado se sent repoussée car sa mère garde elle-aussi des secrets ? Pas trop de réponse à la question. J'ai eu du mal à avoir de l'empathie pour Bok-soon, elle semble pas non plus être au maximum de la parentalité bienveillante.
Quant à Bok-soon et son rapport avec son métier et sa parentalité, pareil ça ne va être que très peu abordé. On sait qu'elle aime ce qu'elle fait mais qu'elle hésite à rempiler sur un nouveau contrat. Pour que quelques scènes plus tard, elle indique vouloir être un peu égoïste et continuer. Le contexte manque un peu pour comprendre cette dualité.
Là où ça manque aussi pas mal de contexte c'est autour de MK, des règles entre tueurs à gages, des agences, de la hiérarchie. C'est étonnant que Netflix n'ait pas pris le temps de développer davantage car ça aurait pu être les fondations d'un John Wick à la coréenne.
Si John Wick fonctionne aussi bien (je ne suis pas objective car j'ADORE John Wick) c'est parce qu'on s'attache à son personnage, on connaît sa back-story, on a aussi un peu d'affection pour le Continental, les règles qui régissent ce monde sombre.
Ca a aussi manqué un peu de piment, mais je pense que c'est le scénario qui veut ça. On sait d'avance qu'être mère et tueuse à gages, c'est la meilleure recette pour les emmerdes. On est pas trop étonné qu'elle finisse par devoir se battre pour sa survie et que sa fille se retrouvera d'une façon ou d'une autre en plein milieu du bain de sang.
Malgré ces points négatifs, c'était quand même un bon moment avec des scènes rythmées (parfois rappelant d'ailleurs Sherlock Holmes de Guy Ritchie). Le personnage de Bok-soon est acidulé : sûre d'elle, badass, qui impose le respect de par ses exploits, ses petits sourires en coin, ses menaces sous-entendues.
Le visionnage n'est pas désagréable mais laisse un petit goût d'inachevé.