C'est un peu fort de café.. C'est exactement les mots que j'ai lâchés à la fin d'un des épisodes. Comme je ne veux pas spoiler, je resterai le plus vague possible tout du long, en espérant que cette critique restera lisible (au moins, je ne l'écris pas à 3h du matin, c'est déjà ça de pris). Si par contre, vous souhaitez en découvrir un peu plus, je spoile tout à la fin de la critique. C'est parti, on plante le décor.
Pendant 8 épisodes, on va suivre l'enquête de Park Mu-gyeong (Lee Joon-hyuk) qui va investiguer sur le meurtre d'une femme sans identité retrouvée morte gelée dans une bouche d'égout. Si de prime abord, toutes les indices semblent identifier Sarah Park (Shin Hye-sun) comme étant la victime de ce meurtre effroyable, il se pourrait que les apparences ne soient pas toujours ce qu'elles laissent penser.
Les quatre premiers épisodes servent à planter le décor et à laisser le spectateur découvrir les relations entre chaque personnage et le contexte. Le premier épisode m'a directement séduite, il était très rythmé et on ne peut pas le nier, découvrir Sarah Kim était délicieux. Evidemment, c'est à mi-parcours que le statut quo va être un peu bousculé pour nous apporter un plot twist. S'ensuivront quatre épisodes de pistes et d'indices qui se coupent, recoupent, mènent à un cul-de-sac. Chaque révélation se veut être comme un retentissement dans l'enquête. Pour ma part, ça m'a pas fait frémir des masses. J'ai trouvé que tout était un peu prévisible.
Concernant les personnages, Shin Hye-sun rayonnait. Je ne voulais qu'en découvrir plus à son sujet. Elle a donné tellement de contenance au personnage de Sarah Park. Un petit bémol toutefois, j'ai trouvé qu'elle véhiculait pas beaucoup d'émotions. Je suis restée neutre quant à son sort.
Ce qui a aussi un peu fait défaut, à mon sens, c'est l'interprétation de Lee Joon-hyuk, qui reste neutre tout du long. Il semble très peu perturbé par ses découvertes. J'aurais bien repris un peu de tension dans ce personnage, surtout qu'il fait face à de grands enjeux, son maintien dans la police. Rien que ça. Il avait été plus remarquable sans Mercy for None, lors de son court passage, où il m'a fait clairement ressentir son malaise, son mal-être, son angoisse.
Ce k-drama est présenté comme un thriller psychologique mais j'ai globalement pas été trop retournée. Je n'ai pas une seule définition d'un thriller psychologique sur laquelle me reposer car vous le savez peut-être mais les définitions différent énormément. Mais un thriller psychologique c'est quand même globalement une intrigue qui crée une tension et qui laisse chez les spectateurs des doutes ou un malaise. Alors soit je suis une psychopathe, soit je ne suis pas le public. A titre personnel, je n'ai pas ressenti une quelconque tension. C'est dommage car il y a quand même une course contre la montre qui se lance, il y avait un potentiel. Mais, il n'y a rien qui va nous rappeler le temps pressant. C'est là que j'ai un peu regretté le manque de rythme sur la fin. Les personnages, bien qu'intéressants, n'ont pas réussi à créer du malaise ou des doutes chez moi. De nouveau, j'ai adoré voir leur développement, mais malgré un certain nombre de plot-twists, je suis restée plutôt sceptique voire même pas du tout surprise. J'en dis plus dans la partie spoiler.
Je ne maîtrise pas assez les sujets suivants pour les développer mais le kdrama traite aussi de problèmes sociétaux en Corée comme les sur-endettements, les usuriers, le rapport au paraître et au luxe.
C'était un bon thriller, certes, mais il ne tiendra par contre pas ses promesses sur le pan du suspens, du psychologique. Ca reste une bonne enquête policière dont on ne trouve pas tout à fait la réponse immédiatement. Et comme, j'ai pris quand même plaisir à regarder, ça vaut bien un petit 6.
(spoiler tiiiiiiime - vous êtes prévenus)
Rapidement, je pense dès l'épisode un ou deux, on comprend que Sarah est une arnaqueuse et qu'elle se fait passer pour une personne qu'elle n'est pas. Elle apparaît subitement dans la vie de Jeong Yeo-jin (Park Bo-kyung) et lui apporte tout ce dont elle avait besoin. Une coïncidence incroyable non ? Sarah va la manipuler avec une facilité déconcertante. Comment c'est possible ? Et elle va répéter le même schéma avec toutes les personnes (Choi Chae-u, Hong Seong-sin) qui peuvent lui servir dans son ascension. A chaque fois, ça sera le même mode operandi. Du coup, le seul suspens qu'on en retire c'est de se demander jusqu'à où elle va aller et si quelqu'un va se rendre compte de la supercherie.
Sur la question de la supercherie, comment des gens peuvent acheter les sac de Boudoir. Bon dieu, j'ai eu mal aux yeux à chaque fois qu'un sac apparaissait à l'écran. Je ne côtoie pas du tout le monde du luxe mais ça se voit que c'est mauvais. Bon je suppose que Netflix n'allait pas investir une fortune dans des accessoires mais personnellement, ça m'a un peu sortie du truc.
Globalement, la série tourne autour de l'identité et l'usurpation d'identité. Sur la partie de l'usurpation, c'était un peu difficile à croire. J'ai trouvé ça tiré sur les cheveux -d'où le "c'est fort de café"... Par contre, j'ai trouvé l'actrice de Kim Mi-jeong très bonne (je n'arrive pas à trouver son identité, si quelqu'un a l'info, je suis preneuse. Je pensais qu'il s'agissait de Lee Yi-dam, mais j'ai pas de certitude). Sur la question de l'identité, le fond repose sur le fait que Sarah Kim est davantage connue de nom que de visu. Et donc, qu'elle pourrait très bien être brune aux yeux verts que brune aux yeux bleus (la différence se jouant sur des détails très très précis) parce que personne ne l'a jamais vraiment vu. Que sans papier d'identité ou d'ADN difficile de savoir qui est qui. Mais c'est quand même un peu difficile à avaler. Soit j'ai loupé un truc dans la chronologie, mais une a débarqué rapidement dans la vie des uns et des autres quand l'autre pas immédiatement. Les témoins visuels, comme ils refusent de témoigner, on part du principe qu'ils valident l'identité de la mise en cause comme étant LA Sarah Park. Il y aurait fallu des scènes tournées avec les deux actrices ou des vrais moments de confusion. Ca a clairement manqué pour qu'un doute naisse.
Quand je parle du fait qu'il n'y a pas beaucoup de suspens, je voulais aussi faire référence qu'on comprend rapidement, bien avant l'équipe policière d'ailleurs, que Sarah Kim fait mine de se rendre pour utiliser l'enquête à son avantage. On sait pas encore comment et quels seront les atouts qu'elle cache dans sa manche, mais globalement, on est pas au summum du suspens.
On veut aussi nous faire croire que l'enquête ne sera achevée mais quelqu'un qui fait un don d'organe a naturellement des cicatrices non ? Je ne comprends pas ce faux cul-de-sac alors que c'est prouvé qu'il n'y a pas de cicatrice sur le corps de la victime. Bref, cocasse. Mais là c'est peut-être moi qui ait loupé quelque chose...