Après deux ou trois premiers films modestes (Blacktown, Boxing Day et Lucky Country) et ce qui restera, à date, son meilleur film (Red Dog), le réalisateur australien Kriv Stenders avait proposé en 2014 cette comédie « à l’américaine » sur une loufoque suite d’imbroglios criminels autour de deux couples en crise et d’un tueur à gage. La bonne idée du film, et son principal argument de vente, c’est d’avoir filé le rôle du tueur à Simon Pegg qui offre un flegme jemenfoutiste assez rigolard au personnage, le reste du casting paraissant bien fade, voir carrément insipide. On notera quand même la présence de Bryan Brown dans le rôle d’un flic corrompu et pas commode, mais il n’a que trois petites scènes, pas assez pour réellement peser sur l’ensemble qui apparait rapidement bien maigre.
Cherchant à compenser la finesse de son propos et de son casting (une demie douzaine de personnages isolés dans trois lieux) par de longs travellings aériens saucés d’une musique agaçante au possible, Kill me three times pêche d’abord par son script un peu court, faisant l’économie de développer ses personnages et bien timoré dans l’élaboration de sa mécanique vaudevilesque conduisant à un bain de sang généralisé. Mais si Stenders n’est pas Tarantino (malgré le choix de son soundtrack, le chapitrage de son histoire et quelques plans « signatures » lorgnant franchement vers le réalisateur américain), il est également très loin du cinéma des frères Coen, et son film ne parvient pas à être autre chose, au mieux, qu’une petite curiosité, vaguement amusante mais totalement vaine. Dommage parce qu’il y avait un potentiel assez amusant dans ce jeu de massacre.