La petite Wen est en vacances avec ses parents dans un chalet perdu en pleine forêt. Alors qu'elle s'amuse à observer les sauterelles, un étranger au physique de T-35 sort de nul part et entame une discussion avec elle. Ce dernier, vite rejoint par 3 autres individus semble s'intéresser de près à sa famille...
J'aime bien Night Shyamalan. Le moins qu'on puisse dire, c'est que cet homme tente des trucs. Il ose. Parfois, c'est raté (Glass), parfois ça marche (Split) et parfois c'est même génial (Incassable). Bien souvent, ses films ont au moins la qualité d'être généreux et originaux.
Le plus étonnant ici, c'est donc le côté extrêmement ballistique de l'œuvre. L'histoire part d'un concept assez original, avec ces 4 cavaliers de l'apocalypse recrutés un peu malgré eux pour empêcher la destruction du monde en convaincant une famille de sacrifier l'un des siens... Forcément, dès que les règles du jeu sont posées (ce qui arrivera très tôt dans le récit), on sent venir l'arnaque. On se dit "Night, je te connais... Tu vas tenter de me la faire à l'envers, petit coquin". On imagine plein de retournements tordus, comme dans la cour de récré :
"on dirait qu'en fait, la petite fille adoptée, eh ben c'est l'Antéchrist, c'est pour ça qu'ils sont méchants les gens".
"Ou alors, les monsieurs leur font une farce parce qu'ils aiment pas les homosexuels et ils veulent qu'ils se tuent comme ça c'est bien fait pour eux. "
"Ben moi je dis que tout se passe dans une simulation que les gens de l'orphelinat ont imaginée pour tester si les monsieurs méritent d'adopter la petite fille."
On est chaud, on énumère tout ce qui nous passe par la tête. Ça ne peut pas être l'hypothèse de départ, le film va forcément partir dans la stratosphère à un moment donné!
Sauf que non. VERBOTEN on te dit. Le film se termine sur la fin qu'on avait tous venu venir depuis bien longtemps. Zéro surprise, zéro twist, rien. On reste là, circonspect à regarder le générique défiler.
Du coup, c'est quand même assez déceptif. D'autant plus que sans le petit coup de folie envisagé, il faut bien admettre qu'il ne reste plus grand chose et que les défauts du scénario ressortent d'autant plus : la petite fille, tellement mise en avant au début n'a finalement qu'un rôle parfaitement anecdotique. Les scènes qui se veulent marquantes sont vite répétitives. Les dialogues sont parfois complètement artificiels et très peu crédibles (la scène de présentation des 4 intrus m'a gêné tellement personne n'agirait cômme ça dans la vraie vie..). Et certains personnages manquent cruellement de caractérisation (qui serait en mesure de dire la moindre chose sur le personnage de Macron?...).
Et c'est sans parler de l'utilisation de la télévision, complètement ratée d'après moi. Un événement survient et hop! les mecs zappent sur Fox News juste à temps pour voir un bulletin d'information parfaitement détaillé sur le sujet attendu. Ça m'a complètement bouté hors du film... Il y avait tellement mieux à faire! En jouant sur des détails ambigus apparaissant dans l'environnement des personnages par exemple. Ça aurait été l'occasion de faire un peu de mise en scène, d'autant plus que c'est plutôt l'un des points forts du réalisateur.
Au final, moi j'aime le Shyamalan qui donne tout. Celui qui fait le malin, qui te regarde droit dans les yeux en te disant que le covid, c'est à cause de pingouins qui pètent sur la Lune, que Mitt Romney est un émissaire des plantes venus pour transformer les humains en roches métamorphiques. C'est ça qu'on aime (on apprécierait aussi éventuellement de retrouver le réalisateur d'Incassable, l'un des meilleurs films de super-héros, porté un peu disparu aujourd'hui). Knock at the cabin n'est pas mauvais mais je l'ai vu hier et je l'ai déjà un peu oublié. Comme quoi, mieux vaut être un nul flamboyant qu'un médiocre.