Un film très étrange, voir déroutant. Il traite un sujet extrêmement délicat, mais avant tout il y a un mélange étrange de vie privée et intime de deux familles pour écrire un scénario en commun, sur un amour atypique et complexe.
C’est la vraie famille de Jane Birkin, ses deux filles puis ses parents sur la séquence anglaise , la meilleure , et bien sûr le jeune amoureux est le fils de Varda et Demy. Du coup il y a un côté « incestueux », car Charlotte est bien la vraie fille, probablement parfois jalouse, de Jane, elle ne joue pas, et la petite Doillon est bien la petite fille ballotée que l’on suit, rigolote et un peu perdue . Quand à Jane on sait qu’elle élève seule ses deux filles.
Où est la fiction, ou est la réalité. ? étrange. Sinon l’idée est originale, et nous choque un peu, le décalage d’âge dans ce sens-là, alors que l’on accepte facilement l’inverse et que les films sur les Pygmalion et leur jeune fille sont pléthores. Mais là on a du mal, même si toute la partie amoureuse sur l’île isolée est tournée avec beaucoup de délicatesse. Et le thème est encore plus actuel qui apporte une autre éclairage après metoo@, et l’emprise d’un certain réalisateur sur une certaine actrice.
Cette femme de 40 ans n’a-t-elle pas une emprise sur ce jeune garçon de 14 ans ? Quand commence le libre arbitre amoureux, ? une vaste question d’actualité sur laquelle Agnès Varda apporte un éclairage nouveau, aidé probablement par une expérience vécue de Birkin. On aurait aimé avoir l’avis de ces deux grandes figures du cinéma français, sur les événements actuels. Un film donc assez puissant, dérangeant, conceptuellement rare. Mais à voir impérativement, même si ce n’est pas un « grand » Varda.