Un film qui est instrumentalisé de toute part, et de cette manière, perd son utilité parce qu’il n’a pas eu le bénéfice de la clarté.
Et pourtant le film joue la carte de la précision froide et factuelle, tout en avouant s’accommoder de quelques réalités. Donc cette ambiguïté introduit un doute, des interprétations. C’est son échec sur le fond. Parce qu’au final, sa posture de neutralité montre son manque de point de vue. Ca en fait un objet malheureusement maladroit, alors que je pense que les intentions de son auteur sont louables.
Mais le film n’est pas islamophobe, et c’est lui faire un mauvais procès que de l'affirmer. La société est si fracturée qu'on est plus capable d'analyser froidement un film, sans lui prêter les pires des intentions. Parce que l’islam n’est pas au cœur de sa critique. Il n'est à aucun moment le sujet. Surtout pas dans sa représentation.
Le cœur de son récit, c’est la prolifération du mensonge, l’abandon, la défaillance. Là encore, il n'est pas parfait dans sa manière de narrer, mais c'est ce que le film raconte.
Et son seul salut, c’est de rappeler l’essentiel : entretenir la mémoire d'une personne qui ne faisait que son devoir et ne jamais céder face à l’obscurantisme. Plus jamais ça.