La salle de cinéma où je me rends est à Achères (78), elle a pour nom « Pandora », elle est gérée par une association qui édite un journal des sorties qu’elle diffuse dans toutes les bibliothèques, CDI, librairies et autres salles communes du département. Dans le N°292 du mois de décembre, on peut lire, au sujet du film « L’Agent secret », le billet suivant :
« Premier impression en sortant de la salle : waouh ! « L’Agent secret » fait partie de ces films très rares qui deviennent instantanément des classiques. Dans ce récit brésilien virtuose, tout est d'abord mystérieux, puis, peu à peu, les pièces du puzzle s'assemblent.
Brésil, 1977. Marcelo, un homme d’une quarantaine d’années, arrive à Recife, où il prend un nouveau poste dans l’administration et retrouve son petit garçon. Brésil, de nos jours : deux jeunes femmes épluchent les archives, écoutent les enregistrements de l'époque et tentent de comprendre l’histoire de Marcelo.
Il y a la corruption, le rire, les menaces de mort, la sortie du film « Les Dents de la mer », le carnaval, la nostalgie, la dictature… Une multitude de personnages se croise, des intrigues s’emmêlent, dans un film spectaculaire, à la fois intimiste et ample. Ici, chaque strate de la narration s’agence à la perfection, chaque protagoniste existe et crève l’écran. C'est jubilatoire.
C’est du grand, du très grand cinéma. C’est… waouh ! »
Je souscris à ce billet concernant l’agencement (structure en forme de puzzle temporel) et la mise en scène de ce film ; ainsi, d’entrée, le film pose un climat de méfiance et de sourde menace. Tous les éléments qui vont constituer le reste du film sont là : flics corrompus et pourriture du système, putréfaction et difformité de la chair, chaleur et transpiration, masques menaçants à la marge, cauchemars à venir, silence, lenteur et tension à la fois.
Mais pour qu’un film réponde au nom de chef d’œuvre, il faut qu’il n’y ait rien à jeter, qu’il n’y ait pas de faux pas ; or ici il y en a un, c’est ce qui est appelé dans le film « Le mystère de la jambe poilue ». L’épisode de cette jambe qui va botter de nuit les libertins clandestins s’inscrit très mal dans la narration et même dans le ton du film. Cette parenthèse peu opportune le déqualifie un peu.
D’autre part, je redoutais la longueur du film (2h38) mais celle-ci, il faut le souligner, ne se fait pas du tout sentir.
Cela ne m’empêchera pas de penser que les cinéastes d’aujourd’hui ont quand même quelques difficultés avec la concision (qui ne concerne pas ce film, je le répète)… Messieurs et mesdames les cinéastes si vous voulez vous étendre et développer à tout va, faites des séries, bordel !