Pour couvrir le meurtre qu'il vient de commettre, le dénommé Winckler (Erich von Stroheim), télépathe dans une boîte de nuit parisienne, achète un alibi à une call-girl. Le commissaire de police Calas (Louis Jouvet n'est pas dupe et s'emploie à faire revenir la jeune femme sur son faux témoignage, y compris au moyen de méthodes déloyales.
Sur un sujet assez commun de Marcel Achard, Pierre Chenal brode un film policier pas spécialement passionnant dont le principal argument prend forme dans la seconde partie lorsque Jouvet
charge un subalterne (Albert Préjean) de séduire Hélène pour lui soutirer sa rétractation.
Le récit manque de densité (la diction lente de von Stroheim n'arrange rien!), de suspens et d'une perspective dramatique intéressante.
De fait, "L'alibi" est souvent davantage porté par les numéros d'acteurs que par l'intrigue. Ainsi, Louis Jouvet, avec son regard inquisiteur de policier à qui on ne la fait pas, donne au sujet, à chacune de ses apparitions, un tour d'esprit et une saveur tout autres. Pas vraiment un film noir, pas tout à fait une comédie policière, le film de Chenal manque de style et d'idées.