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Psychose
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le 18 oct. 2015
Encore un film de Lelouch que je découvre, et encore une agréable surprise qui renforce cette interrogation : Pourquoi ce type est-il devenu l'ennemi public numéro 1 aux yeux des journalistes français ? Pourquoi les critiques en ont-elles fait leur punching-ball préféré ?
Ça ne peut être une question de mégalomanie en interview ? Bresson l'est tout autant. Ça ne peut être en raison de ses croûtes des 25 dernières années ? Il se faisait déjà tuer avant durant son "âge d'or", et à ce compte là, combien de réalisateurs français des années 60 ont fait des films ratés entre 80 et les années 2000 ?
Le film date de 62, et se signale, il est vrai, par quelques plans un peu agaçants - probablement en raison de son goût pour l'expérimentation. Lelouch montre une nouvelle fois sa fascination pour les truands, se questionne sur la justice, et les apparences, forcément prétexte à jeu quand on tient une caméra. Toujours dans une liberté absolue, il ne sollicite aucune star pour partager l'affiche. Il se fait plaisir avec une poursuite en voiture inutile. Joue avec les images d'archives et place même un vrai micro-trottoir mené par Jacques Martin qui questionne les gens sur les crimes, les violeurs, les hommes et ce qu'il faut en faire. Un ovni. J'étais presque gêné tout une partie du film en me demandant où il voulait nous emmener avec cette histoire de violeur d'enfant en cavale.
Et à la fin j'ai compris qu'il était très fort en mise en scène. J'ai rarement basculé d'un sentiment à un autre en aussi peu de temps. Et sans voir venir l'astuce. En jouant avec les points de vue, il montre la difficulté extrême d'appliquer la peine de mort. Au pénal les jurés d'assises ont fatalement une vision limitée, ou du moins très encadrée des événements. Des faits présentés par des filtres opposés : le procureur et la défense.
Grâce à ce montage astucieux, le spectateur juge rapidement sur les apparences : la gueule de Guy Mairesse et ses actions. Ses paroles sont interprétées à l’aune d'a priori très superficiels. Le personnage de Janine Maignan, est à l'opposé perçu comme la victime potentielle, parce qu'elle est charmante, enjouée. C'est tout l'inverse qui va sauter aux yeux du spectateur avec un twist très habile.
Lelouch filme comme personne, il ne se prend pour personne d'autre que lui - d'où sa mégalomanie - mais cela a le mérite de rendre ses films des années 70 assez uniques et imprévisibles.
L'Amour avec des si a rencontré un petit succès en Suède en raison du fait qu'Ingmar Bergman avait apprécié le film visionné à l'occasion d'un festival (et Ingmar n'est pas le genre à cirer les pompes à qui que ce soit, Godard peut en témoigner). Cette exploitation surprise a permis une sortie en France par la suite.
Ceci étant dit, il ne s'agit pas du meilleur film de Lelouch. Il a quelques longueurs (la poursuite en voiture, la scène au restaurant), et quelques curiosités dispensables (le clip de Los Brutos qui tombe comme un cheveux sur la soupe).
Il n'en demeure pas moins un film injustement massacré par la critique française de l'époque qui mérite d'être découvert.
Créée
le 9 oct. 2020
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