Dernier film réalisé par Harold Ramis, Year One est un ratage complet qui témoigne à la fois de l’usure de son cinéaste, incapable de se réinventer passé le nouveau millénaire, et de la périlleuse sinon impossible greffe d’un comique étranger, en l’occurrence européen – on pense beaucoup à RRRrrrr!!! (2004) d’Alain Chabat, revisité à la sauce Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Jean Yanne, 1982) –, au cinéma américain. Rappelons que John Hughes en avait déjà fait les frais quelques années auparavant en transposant à Chicago les deux volets à succès Les Visiteurs (Jean-Marie Poiré, 1993 et 1998), échec cuisant maquillé par le remplacement de son nom par celui du cinéaste français, lui-même renommé Jean-Marie Gaubert. Le présent long métrage propose un burlesque tour à tour vulgaire et bête qui se complaît dans les sujets de société prétendument parodiés, ne vaut que pour les quelques paysages bien cadrés qu’il offre à des comédiens en roue libre. Même l’hommage à Mel Brooks et à son sketch célèbre aux États-Unis, 2000 Year Old Man, ne réussit jamais à nous amuser, la faute à une absence de rythme comique et de personnalité.