Avoir de bons acteurs, ça vous change tout de même la face d’un film…
On sent que le film a été tourné exclusivement en studio: aucune scène, aucun plan en extérieur, ne serait-ce qu’une vue dans un coin de fenêtre filmée par une seconde équipe. Et malgré cela, grâce aux acteurs, l’illusion prend forme et l’on y croit. On ne serait pas ainsi saisis par l’intensité du jeu, pris par l’enjeu et séduit par l’allure et la personnalité de tels personnages sans des interprètes à la hauteur.
Dans la seconde séquence du film, quand elle sort de l’hôpital par les portes-tambours, un passant fait tomber son sac à main : dans cette situation, et encore aujourd’hui, la femme s’excuserait et s’accroupirait pour récupérer ses affaires. Barbara Stanwyck se comporte tout différemment. La demoiselle qui a à peine vingt ans reste stoïque et laisse l’homme se baisser à sa place : pleine d’assurance et d’audace, elle le regarde de haut, une main négligemment posée sur la hanche. On appelle ça l’autorité. À deux doigts de l’insolence. On peut dire qu’elle va lui donner un sacré coup de pied aux fesses à l’image stéréotypique de la gentille infirmière… Je n’ose pas dire « coup de vieux ». Cette image, celle de l’asservissement (ou au mieux de dévotion), persiste aujourd’hui. Ce personnage de Barbara Stanwyck, c’est celui d’une rebelle. (Le cinéma, quand il est bon, s’intéresse d’ailleurs rarement à autre chose. Aux rebelles.)
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