Il y a des films avec lesquels vous grandissez, ceux qui vous restent en mémoire des années après les avoir vus. Pour beaucoup d’entre nous, ce sont des films Disney, qu’ils soient live ou animés. Et pour moi, c’est « L’apprentie sorcière« , film que j’ai découvert à la télé quand j’étais jeune et que j’ai dû regarder des dizaines de fois. Tellement qu’aujourd’hui encore, je connaissais la formule magique du film par coeur. Ce film est ressorti en DVD en 2003 mais n’a jamais eu le droit à une sortie en Blu-Ray en France et est tombé dans l’oubli pendant des années. Jusqu’à l’arrivée de Disney+, qui nous offre enfin la possibilité de redécouvrir ce film en HD.
Et c’était comme s’il ne s’était écoulé que quelques jours depuis la dernière fois que je l’ai vu. Je connaissais encore parfaitement chaque scène. À sa sortie, le film n’a connu qu’un succès modeste (et a même été un échec financier), et ça bien qu’il ai remporté l’Oscar des meilleurs effets spéciaux. Mais il faut dire que l’ombre de la mort de Walt Disney, décédé seulement 5 ans avant la sortie, était encore présente. Le studio cherchait à se trouver une nouvelle image et a supprimé plusieurs chansons et scènes auxquelles Walt tenait.
Le film se déroule en 3 parties très différentes. La première, qui se déroule sur une heure, nous permet de découvrir les enfants, Eglantine Price (Angela Lansbury) et le début de la magie qui nous emportera dans les rues de Londres où Eglantine cherche le professeur Emilius Browne (David Tomlinson). Le scénario peut par moments paraitre léger dans cette première partie, mais c’est un film destiné aux enfants avant tout. Alors on lui demande juste de ne pas prendre les enfants pour des idiots. Le réalisateur, Robert Stevenson, a ainsi l’occasion de nous faire découvrir en un seul film trois genres très différents. Car après ce début drôle, qui va émerveiller les enfants, mais qui reste léger, nous plongeons dans la seconde partie, dans laquelle on change de style.
Comme Mary Poppins qui sautait dans une peinture, nous plongeons non loin d’une île de bande dessinée. Et Eglantine, les enfants, et le professeur Browne vont évoluer parmi des personnages de dessins animés pour assister à un match de foot entre deux équipes d’animaux. Quand on est enfant, cette scène est juste merveilleuse parce que tout enfant aimerait pouvoir évoluer avec des personnages animés. Adulte, la scène est plus difficile à voir, surtout après « Roger Rabbit« . On sent qu’à ce moment, les animateurs n’avaient pas encore toutes les techniques.
Une fois revenu de l’île, c’est là qu’on entre dans la dernière partie du film et que l’ambiance change encore. Car rappelons-le, à l’origine, le film se déroule pendant la seconde guerre mondiale. Et Eglantine apprend à être une sorcière dans l’espoir de repousser les allemands. Dans cette partie, elle apprend donc la fameuse formule recherchée pendant tout le film, pour donner vie aux objets inanimés. En donnant vie à des dizaines d’armures du Moyen-Age, elle se confronte aux Nazis qui ont débarqués près de sa maison. Voir les armures se déplacer seules est à la fois drôle, mais peut aussi être effrayant pour les enfants. Tout se déroule de nuit, donnant un aspect fantomatique à la scène.
Ce film qui mélange trois genres différents a eu du mal à séduire à sa sortie en 1971. Encore aujourd’hui, il est particulier. Mais il a aussi la force de captiver l’attention des enfants pendant pratiquement deux heures. Angela Lansbury y est géniale et les effets spéciaux ont bien mérités leur Oscar.
Est-ce que j’ai éprouvé le même plaisir aujourd’hui que quand j’étais enfant ? Etrangement, oui. « L’apprentie sorcière » est l’une de ces perles oubliées de Disney qui mérite d’être découverte. Et Disney+ vous en facilite justement l’accès. Si vous avez des enfants, c’est un film à leur montrer sans hésiter. Et si vous n’avez pas d’enfant, vous découvrirez à quoi sert la formule Treguna Mekoides Trecorum Satis Dees.