Techniquement, nous tenons là un excellent film : scénario aux petits oignons, rythme maîtrisé, variété des plans, mise en scène au cordeau et, bien sûr, une tête d'affiche incroyable, secondée par une galerie de personnages qui orbitent dans l'organisation de cette monumentale arnaque. Newman (ses yeux bleus transpercent l'écran) et Redford ne cabotinent jamais et répondent à un jeu d'acteurs tout en finesse, donnant à leur personnage une grande humanité.
C'est un divertissement, apparemment léger mais bien plus profond et nostalgique qu'il n'y paraît, la musique de Scott Joplin y faisant pour beaucoup mais aussi l'arrière-plan historique : celui de la Grande Dépression. Les deux fusionnant même à la fin du générique du début, avec un travelling d'une grande élégance.
Pas de musique d'ambiance, le réalisateur faisant confiance aux sons et aux dialogues ou utilisant parfois les codes du cinéma muet (poursuite burlesque, montage sur fond musical sans dialogue), la musique de Scott Joplin servant de jonction entre les "chapitres" de l'histoire ou soulignant les moments qui distillent une certaine nostalgie.
Un film diablement attachant que je revois toujours avec plaisir.