L’Arnaqueuse condense tout ce que le divertissement populaire français peut offrir de pire : aucune histoire à raconter sinon l’évolution invraisemblable des intérêts divergents (mettre la main sur l’appartement pour eux, récupérer l’argent pour elle) vers des intérêts convergents (tirer profit de la naïveté des riches) ; aucun sens de la comédie sinon l’application d’un cahier des charges peu fonctionnel qui consiste à installer par le dialogue de quelques secondes une situation, à exploiter l’outrance de ses personnages pour en tirer une chute facile ; aucune vision esthétique, la mise en scène étant réduite à l’état d’illustration avec plans au drone, panoramiques illisibles parce que trop rapides, montage charcutier soucieux d’installer un semblant de rythme. La comparaison avec Le Viager (Pierre Tchernia, 1972), qui jouait intelligemment sur le retardement du temps mimétique de la vieillesse éternelle du protagoniste interprété par Michel Serrault, achève de condamner cette production paresseuse, sans âme ni talent.