Enfin vu, qu'une fois pour l'instant, un vrai plaisir captivant par l'histoire car je n'en connaissais pas l'issue mais aussi et surtout sur la forme visuelle: des lieux de tournage réveillant et une caméra posée à des endroits étonnants.
Remarques très en vrac suite à un premier visionnage:
- il y a bien des années, Aurea de SC me faisait découvrir ce film en me le conseillant pour ma liste de chiens dans films...ils volent la vedette et attirent l'oeil: "Et dans L'Assassin de Petri, le chien de Mastroianni est un caniche noir nommé Poucette" (Aurea)
- dés le début , j'ai commencé à aimer ce film: le personnage va être arrêté chez lui ; il ne semble pas encore avoir percuté que ses visiteurs sont des policiers...mais hélas pour lui, il partage soudain un long moment le plan avec un grand tableau sur trépied où on voit justement un homme menaçant avec un énorme fusil^^...un chevalet d'exposition semblant pointer d'un gros long doigt noir accusateur notre Marcello. Il est antiquaire. En meubles et en relations amoureuses (selon certains).
- Marcello Mastroianni m'a encore bluffé: il m'a fait croire en son personnage d'antiquaire mais du genre joué par Alain Delon dans Monsieur Klein tant il abuse sur les prix et profite de situation de faiblesse de vendeurs. Un quasi contre-emploi pour moi car un personnage plutôt très négatif que sa situation ne rend pas des plus sympathiques.
- 1961=2026: on apprend qu'entre autres saloperies, il faisait faire des faux pour pas cher, exploitant même le pauvre peintre et se faisait une culbute en revendant les tableaux une fortune à des amerloques ( comme un peu encore récemment en 2026, on apprenait que des faussaires de meubles l'ont fait avec les arrogants de mauvaise foi pourtant sur-diplômés mais pourtant bernés comme des bleus au Château de Versailles qui avaient acheté des faux une fortune aussi).
- pire, aggravant son quasi contre-emploi, non seulement il est hyper cupide, mais SI j'ai bien compris une courte scène, il partage un jeune fille sans pouvoir? (je dois le revoir)
- on voit tout ça en flashbacks quand il est accusé de pire et on finit presque par se dire qu'il mérite une punition!
- son personnage me rappelle celui de Gassman dans Au nom du peuple Italien 10 ans plus tard en 1971: un salaud coupable de quasi tout, ne mérite t il pourtant quand même pas une juste enquête quand accusé de bien pire?
- même sur la forme, il y a ici des scènes de débats et conversations SUR FOND DE PLAGE ET MER qu'on retrouve dans Au nom du peuple italien?
....sur la forme, j'y connais rien mais j'ai souvent aimé où était mis la caméra sans qu'on perde le fil de l'histoire: j'ai d'abord pensé que le film serait une sorte de huis-clos à la Garde à Vue mais pas du tout, il y a souvent des fonds d'écran magnifiquesun moment vers la fin la caméra est très haute et à droite, en gros plan, une statue le voit s'éloigner...une statue de commandeur le voit et le laisse s'éloigner (la Justice?)un moment vers la fin, il monte une pente vers la gauche et l 'écran est très beau, le plan forme un immense Zun moment vers la fin, il s'éloigne entouré d'arbres sans feuille, en contre joursauf erreur, un moment, les policiers et le suspect montent des escaliers qui me rappellent ceux dans Hitchcock, Sueurs froides (un espace rond de pigeonnier, avec les marches tournantes plantées en cercle contre le mur et semblant devenir plus petites):...quasi coupable, il monte ces marches en plan et lieu en cercle puis quand quasi innocent, il descendra des marches en plan et lieu carré, façon Escher...?
il ne boit ensuite hélas pas son café au food-truck car ils reconnaissent "l'assassin" (ou pas) !!mais la fin et son beau rire de salaud suggère qu'il ne va PAS en faire une dépression ou de la bileje connais encore très mal ce Elio Petri dont j'ai aimé un film dont le titre irait ici aussi très bien: Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon.D'ailleurs il est plutôt marrant/ironique que (gros spoils): 1961, Petri fait un film sur un 'innocent' qu'il titre l'Assassin 1970, Petri fait un film sur un meurtrier qu'il titre quasi Un citoyen (innocent).
Moi qui commence à aimer Dino Risi, je suis surpris des mini similitudes de ce film de 1961 de Petri en histoire et visuel avec Au nom du peuple italien de 1971: où Gassman est aussi un quasi salaud coupable de quasi tout SAUF justement du meurtre et ici aussi, Mastroianni est quasi salaud coupable de pas mal de trucs SAUF justement du meurtre.
- ((en autre mini détail dont tout le monde se fout, les chaussures sur le lit, c'est un non non!! on les enlève avant de s'allonger...tu viens de dehors! c'est une autre des mini saloperies de ce personnage...qui osera demander "un pyjama" quand enfermé en cellule ^^ mais chez lui et chez Micheline Presle ou la serveuse, il s'allonge avec ses chaussures de rue!))
- au début, je pensais que ce serait un huis clos à la Garde à Vue car on est aussi au commissariat mais l'idée de duel et combat à la Garde à Vue m'a aussi été confortée par la statue sur le bureau entre les deux personnages: ce sont deux lutteurs ou boxeurs, en énorme sur le bureau du commissaire
- ce commissaire à la Lino Ventura est joué par un épatant Salvo Randone que je connais encore mal (5 films vus)...j'aime comme les personnages sont proches physiquement et comment la direction d'acteurs semble leur avoir demandés de se regarder et s'examiner pendant que l'autre joue??
- si ce commissaire a deux boxeurs en bronze sur son bureau, il a aussi un énorme crucifix au dessus de lui!