Ça faisait longtemps qu'un film français ne m'avait pas autant touché, me rappelant par moments la justesse du Premier jour du reste de ta vie. L'attachement brille avant tout par son casting, avec une mention spéciale pour le jeune acteur qui est tout bonnement génial dans son rôle. Bien plus qu'un énième récit sur le deuil ou la dérive d'un père, c'est une fresque intime où une multitude de personnes cherchent leur place. Chacun bénéficie d'un temps d'écran honorable qui permet de les rendre profondément vivants. Suivre ce lent retour à l'amour filial sur plus d'une année est d'une beauté évidente et simple. C'est une histoire humaine et banale, qui nous rappelle à quel point le cinéma n'est que le reflet de ce que nous vivons.
Pourtant, l'œuvre souffre de quelques défauts souvent inhérents au cinéma français. Le résultat est parfois oppressant, enfermé dans des cadrages rapprochés et limités. Les objectifs choisis nous collent aux personnages, et l'action se déroule presque exclusivement en appartement, ce qui fait cruellement manquer l'image de souffle et de contemplation. Enfin, ça bavarde tout le temps. Il n'y a quasiment aucun temps de silence où la mise en scène, l'image ou un simple geste viendraient dicter l'émotion pour laisser notre imagination faire le reste.
Mais, ça n'enlève rien à la beauté de L'attachement.