Dans un château du Roussillon, à la suite de l'ouverture d'un testament, des couples se forment. Ambiancé par la suave musique de Serge Gainsbourg, le premier long-métrage du cofondateur des Cahiers du cinéma (Doniol-Valcroze ne tourna que 7 films) est un élégant badinage avec les sentiments, où il ne se passe pratiquement rien mais où s'amuse assez des chassés croisés amoureux et des mensonges qui pimentent la situation. Les personnages sont tous physiquement très agréables de Françoise Brion (l'épouse du réalisateur) à Jacques Riberolles en passant par Alexandra Stewart et Gérard Barray. Leur sophistication (on y lit à haute voix les lettres de Kafka, on cite Guillaume d'Orange) contraste avec la trivialité des amours ancillaires de Michel Galabru avec Bernadette Lafont. Le tout sous le regard d'une fillette qui ne dit rien mais qui devine tout. Le côté presque éthéré et fort sensuel du film (nonobstant des effets de zoom déplaisants) n'est pas sans évoquer, avec plus de légèreté, certains films d'Antonioni.