Vittoria, jeune traductrice vient de rompre avec son fiancé. On la suit après cette rupture dans son quotidien.
Film en noir et blanc, que j'ai trouvé techniquement superbe, l'éclipse tient son titre de l'éclipse des sentiments qu'a voulu filmer Antonioni. Les personnages sont incapables de communiquer entre eux, de partager leurs sentiments et de longs plans silencieux viennent appuyer ça.
En plus de ça, le film dénonce l'emprise du capitalisme et sa frénésie, les scènes dans la bourse avec Delon, toujours en mouvement dans le film, marchant, s'agitant, téléphonant en font le symbole du libéralisme destructeur.
Son personnage contraste avec celui de Vittoria qui semble passé comme une ombre tout du long du film, semblant subir la vie. Elle est la contemplation, il est le mouvement, elle se fiche de l'argent, il travaille à la bourse, elle est traductrice.
Pas très subtil, les personnages du film n'ont aucune contradiction, aucune chair, ce sont des caricatures et c'est là le gros problème du film: Très beau mais sans vie, sans âme. Les personnages ont l'air de marionnettes, particulièrement Vittoria, notamment dans une scène d'amour ou elle m'a donné l'impression d'être sans vie aux bras de Delon.
Probablement un parti pris du réalisateur qui veut parler de la perte de liens entre les hommes dans cette société moderne, particulièrement évidente dans la séquence de fin. Je trouve que ça ne fonctionne pas notamment les scènes de bourse, trop propre, tout le monde s'agite dans tout les sens en hurlant mais tout le monde est parfaitement habillé et coiffé, pas de sueur, pas de vie, c'est trop parfait.
Petit bonus, une minute blackface bien gênante.