Le réalisateur est un très bon cinéaste, mais je crois qu'à l'image de la première scène du film, il ère seul, les pieds dans les dunes de sable, la tête dans les étoiles et la bite au vent.
Le paysage visuel et sonore est merveilleusement immersif, porté par une caméra et une mise en scène géniaux. Un jeux d'acteur déconcertant et vrai, qui créé de jolies scènes autant celles de Lyna Koudrhi au téléphone que celle de la courageuse Mme Deuraux qui chouffre de sa jambe ou Luchini qui jubile de l'Apocalypse. Et un thème du bien et du mal qui s'installe entre un bateau-tracteur et un vaisseau-cathédrale, sur un fond de SF surréaliste délicieux.
Tant de beaux gestes gâchés par la maltraitance de notre rapport au corps et aux corps, particulièrement celui des femmes. Cette scène de harcèlement de rue dans un champs est à la fois une erreur d'interprétation des sentiments humains et un plaidoyer pour la masculinité toxique et libidineuse. J'ai vu après le visionnage que Adèle Haenel avait refusé le rôle, elle a bien fait.