S’il a le mérite d’éclaircir les mécanismes de l’affaire Clearstream à travers l’enquête menée par le journaliste Denis Robert, le nouveau film de Vincent Garenq n’apporte pas une contribution remarquable au septième art. L’Enquête tient en effet davantage du film pédagogique, à charge, qui aurait fait un excellent préambule à une soirée débat de feue l’émission Les Dossiers de l’écran. La curiosité et l’attention du spectateur sont maintenues en éveil par l’accumulation des événements, la contamination à un niveau qui dépasse largement les frontières françaises des milieux financiers, bancaires et politiques.
À côté du journaliste Denis Robert (mal incarné par Gilles Lellouche qui le joue très baroudeur et à la recherche du scoop, en somme plus préoccupé de son statut personnel que de la cause qu’il défend par le biais de son enquête), les personnages du juge Renaud Van Ruymbeke (Charles Berling, très bien en homme intègre et rigoureux) et du trouble homme d’affaires Imad Lahoud (Laurent Capelluto convaincant dans l’équivoque , aux motivations obscures) finissent par voler la vedette au plumitif. L’ensemble, très documenté et scrupuleux dans la reconstitution et le parcours de l’enquête, jusqu’à la ressemblance avec les protagonistes (Jean-Louis Gergorin, Dominique de Villepin, des députés socialistes aux banquiers luxembourgeois), manque toutefois d’ampleur en ne mettant pas suffisamment à profit les codes du polar ou du thriller. Tout ceci est au final sage et conventionnel à l’exact opposé du climat délétère qui baigna l’affaire Clearstream.