Troisième long-métrage de Vincent Garenq, "L'enquête" est un film qu'on a envie de défendre, pour plusieurs raisons :
- le fond idéologique : la dénonciation de pratiques révoltantes, et qui ne semblent pas prêtes de changer ; la lutte du pot de terre contre le pot de fer
- la rareté de ce genre de films-dossiers à la française
- l'aspect didactique : on comprend bien les tenants et les aboutissants de la double affaire Clearstream
Même si l'affaire est en effet bien expliquée, celle-ci n'intéressera au fond qu'une infime partie de la population (en témoigne l'échec du film au box-office), et d'ailleurs à titre personnel, je ne suis pas parvenu à me passionner à 100% pour cette histoire, d'où la note un peu tiède.
Sans doute Vincent Garenq aurait-il pu accentuer l'aspect thriller, par une mise en scène plus ample, plus intense, moins illustrative. Pas facile avec autant de données et de faits complexes à présenter en à peine plus d'1H30... Mais en l'état l'ensemble reste un peu sage et scolaire.
D'autre part, le choix de Gilles Lellouche (que j'apprécie pourtant) n'apparaît pas idéal dans la peau de Denis Robert, le comédien n'ayant pas le profil d'un journaliste d'investigation. Il joue le personnage trop en force, et du coup se fait voler la vedette par les seconds rôles, souvent hyper ressemblants façon "La conquête".
Mention à Laurent Capelluto, qui campe un Imad Lahoud ambigu et indéchiffrable ; à Charles Berling, impeccable en juge Renaud Van Ruymbeke ; ainsi qu'à Eric Naggar, véritable sosie de Jean-Louis Gergorin.
Voilà donc une "Enquête" qui se suit agréablement, mais ne laissera pas un souvenir impérissable, victime de son aspect quelque peu téléfilmesque et d'un déficit de scènes véritablement marquantes, à l'instar de son dénouement sobre mais réussi.