L’enterré vivant est le troisième film de ce qu’il est convenu de nommer le « cycle Poe » de Roger Corman et c’est le seul où Vincent Price n’apparait pas (pour en connaître les raisons on se reportera sur le très bon article du site Critikat concernant l’ensemble du cycle). Le rôle principal échoit ici à Ray Milland qui, quoi que certains en disent, est excellent même s’il est très probable que l’interprétation de Price aurait apporté plus de démesure. Il y a aussi Hazel Court dans le premier rôle féminin que l’on retrouvera ensuite souvent dans le cycle et que l’on avait pu voir auparavant dans plusieurs films de la Hammer.

L’enterré vivant n’est pas l’adaptation d’une nouvelle de Poe mais trouve son origine dans une sorte de compilation assez sinistre faite par l’écrivain sur les cas d’enterrés vivants. Comme dans les deux films précédents du cycle, Corman met en scène le cas d’un homme complètement torturé et obsédé, quasi-dément. Ici c’est l’obsession de finir par être enterré vivant qui mène le héros à ne plus voyager, à passer son temps dans un caveau qu’il emménage avec toute une série de gadgets destinés à lui permettre de donner l’alerte ou de pouvoir s’échapper. L’une des très bonnes scènes du film, tragi-comique, est celle où il les dévoile à sa femme et à son médecin, qui sont évidemment complètement abasourdis.

Malgré un côté un peu bavard je souscris volontiers à ce qu’écrivait le critique Jacques Zimmer lors de la sortie du film : « Avec L’enterré vivant, Roger Corman a réalisé l’une de ses meilleures adaptations d’Edgar Poe, débouchant à la fois sur l’angoisse, l’humour et la satire : une mise en scène élégante et précise, un scénario riche en surprises et en rebondissements, des séquences fantastiques ou oniriques d’une grande perfection plastique, l’humour percutant des dialogues et des situations, l’interprétation nuancée de Ray Milland, la satire des extravagances américaines en matière de logements funéraires sont les composants d’un grand film de terreur dont l’efficacité devrait faire rêver certains adaptateurs européens de l’un des maîtres de l’insolite. »


Jean-Mariage
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le 22 févr. 2021

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