Pour cette seconde adaptation au cinéma de Blithe Spirit, après la version de David Lean sortie en 1945, la théâtralité de la pièce de Coward est artificiellement convertie en dynamisme de mise en scène au moyen de subterfuges à la mode tels que l’accumulation de plans courts, le recours abusif à des chansons sur le rythme desquelles se cale le montage, la direction d’acteurs promouvant l’excentricité à la place d’une interprétation véritable. C’est que le film lorgne davantage du côté de la parodie fantastique Death Becomes Her (1992) sans disposer ni de l’ingéniosité de Robert Zemeckis ni du propos satirique croquant avec délices les méfaits de la quête de jouvence éternelle. En effet, la thématique du plagiat ne le conduit pas à interroger la nature même de son geste artistique, et cette résurgence spectrale d’œuvres déjà existantes semble refuser son état et le cacher derrière des pièces bariolées de couleurs criardes aux meubles et autres objets de décoration soigneusement disposés. Dommage car la prestation de Judi Dench, oscillant entre la bouffonnerie et la quête spirituelle, séduit.