C'est pas simple de faire un film autour d'un sujet aussi compliqué. Déjà, c'est tiré d'une histoire vraie, aussi invraisemblable soit-elle, et la difficulté principale d'un tel récit, c'est que le spectateur ne se sente pas extérieur à la lutte du protagoniste.
Car on suit un type d'extrême-gauche qui fait le choix de travailler à l'usine pour éveiller les consciences parmi ses collègues, dégoûtés de la politique, sans espoir et qui triment sans broncher.
Là où le bas blesse c'est que même si j'aime beaucoup Swann Arlaud habituellement, je ne trouve pas la direction d'acteurs terrible cette fois-ci et la mise en scène est assez téléfilmesque.
Toujours est-il que je n'ai pas détesté le film parce que l'histoire me parle et j'aime voir des gens qui luttent pour améliorer leurs conditions de vie au cinéma. Mais le film vient me rappeler que c'est une histoire vraie, qu'on sait où on en est de nos jours avec les conditions de travail qui sont évidemment différentes de cette époque mais qui sont toujours un gros problème de société avec des gens qui n'aiment majoritairement pas leur boulot et ne gagnent pas suffisamment en retour pour y trouver un genre de compensation satisfaisante.
Et c'est ça qui était un peu malin avec ce film : me vendre un peu de rêve mais me rappeler que la vraie vie c'est un peu nul et que même si le film sort symboliquement à une époque où au pouvoir ça vient souvent casser les acquis sociaux, ça ne donnera aucun coup de pied dans la fourmilière.