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L’Étranger de François Ozon cherche en vain les mots d’Albert Camus, qui ne cessent de se dérober sous le flux marin d’un ballet en perpétuel mouvement, baigné d’une lumière si belle venant caresser...
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François Ozon signe une adaptation inspirée de "l'inadaptable" roman "L'Étranger" d'Albert Camus paru en 1942. Le réalisateur s'empare de ce destin d'anti-héros de Meursault (homme sans prénom ni problème interprété avec justesse et charisme par Benjamin Voisin) au cœur d'Alger faisant partie des départements français depuis 1848 pour tenter d'éclairer l'intime de cet homme insondable.
À travers une lumineuse et sensorielle mise en scène gorgée de soleil et de sueurs drapée dans une sublime photographie en noir et blanc, le cinéaste suit l'âme abstraite et inebranlable de Meursault dont le deuil non pleuré de sa mère, la solaire rencontre amoureuse et charnelle avec Marie (incarnation vivifiante de Rebecca Murder), l'amitié et le meurtre qui en découle, ne cesse d'amplifier le mystère de son insensibilité.
Le récit reste fidèle au matériau d'origine et agrémente avec audace certains aspects plus sensuels sans se départir d'une certaine abstraction, afin de captiver notre attention à la moindre source d'ambiguïté par rapport au comportement social et intime de Meursault d'une lucidité déstabilisante face à l'absurdité de la vie.
La narration lente utilise quelques flashbacks, se permet quelques audaces oniriques et fantastiques tout en invitant à de judicieux moments la voix off du narrateur (celle du "héros") au terme de ce troublant long métrage esthetique.
La trajectoire spectrale de Meursault entre le désirt et la mort trouve ici une relecture contemporaine à cette œuvre intemporelle, dont les mystères ne cesseront de déstabiliser nos certitudes durablement après le visionnage ou la lecture de "L'Étranger", si loin ou si proche de nous selon notre propre sensibilité intime.
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Créée
le 19 oct. 2025
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