Sortie annuelle pour François Ozon, qui s’attaque cette fois à L’Étranger de Camus. Le pari était risqué, et pourtant, le film a pas mal de qualités. La mise en scène est somptueuse, et le noir et blanc magnifique donne une vraie atmosphère. Benjamin Voisin porte tout le film : son jeu peut paraître figé, mais c’est le personnage, donc ça colle. J’ai parfois cru que j’allais m’ennuyer, mais au final, les deux heures sont passées très vite, et le film continue à me hanter, ce qui est plutôt bon signe. L’Algérie des années 30 est très bien reconstituée, et même si je n’ai pas lu le roman, jugé inadaptable, l’ensemble m’a semblé fort et prenant. Pas le meilleur de son auteur, ni le film de l’année, mais un bon cru, presque fascinant, et parfois bouleversant.