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L’Étranger de François Ozon cherche en vain les mots d’Albert Camus, qui ne cessent de se dérober sous le flux marin d’un ballet en perpétuel mouvement, baigné d’une lumière si belle venant caresser...
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La première chose qui m'a marquée est le changement de point de vue. Là où le livre nous plonge dans la tête de Meursault, le film nous laisse uniquement spectateurs. Nous observons ses actions et ses réactions de l'extérieur : nous prenons presque la place des jurés.
En soi, ce choix aurait pu être très intéressant et compléter la lecture du roman. Mais il m'a surtout amenée à percevoir l'œuvre, et la psychologie de Meursault, d'une tout autre manière. Comment comprendre sa philosophie lorsque l'on n'entend jamais ses pensées ? À l'écran, il paraît simplement insensible, presque dénué de toute morale. J'en suis même venue à penser qu'il était finalement normal de vouloir enfermer un homme aussi indifférent. C'est précisément l'inverse de ce que le roman m'avait fait ressentir. Là où Camus nous pousse à comprendre l'absurde et à voir le décalage entre Meursault et la société qui le juge, le film m’a poussé, malgré moi, à le juger à mon tour.
Le choix du noir et blanc m'a également interrogé. Dans le roman, le soleil et la chaleur sont des éléments centraux : ils écrasent Meursault et participent au meurtre qu’il a commis. Dans une Algérie aussi lumineuse, j'aurais aimé ressentir et voir cette chaleur étouffante plutôt que simplement la deviner. Le noir et blanc retire une partie de cette dimension sensorielle pourtant essentielle à l'œuvre.
Sans la beauté et la douceur de l'écriture de Camus, L'Étranger m'a finalement paru plus fade.
Créée
le 19 juil. 2026
Critique lue 7 fois
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