Ce qui aurait dû engendrer une chronique douce-amère sur l’émoi obstrué d’un adolescent pas tout à fait comme les autres – dans la mesure où il souffre de phimosis et ne peut donc ni se masturber ni avoir des rapports sexuels –, reflet en somme de l’unicité de chaque adolescence, s’avère aussi stimulant qu’une érection molle. Prétendue comédie, Short Skin ne cerne jamais la fougue que son personnage principal est censé incarner, se traîne tel un vieux poulpe à l’agonie qui passerait de main en main en arborant son sempiternel regard de victime. Car on ne rit pas une fois. Le désordre de la famille ne se lie que mal avec la ligne directrice et donne lieu à de véritables moments de flottement au cours desquels le spectateur s’ennuie de pied ferme. Et la compassion naissant du malheureux petit pénis d’Eduardo se voit vite désamorcée par l’absence de mystère entourant sa sexualité ; il y a, dans la mise en scène et le ton employé, un regard clinique qui situe le film hors de toute sensibilité juvénile. Une seule scène revendique un onirisme un tant soit peu efficace : celle du rêve érotique entre le jeune homme et sa voisine, qui aboutit sur une éjaculation nocturne. Alors on ne pourra pas nier que l’alliage entre brutalité et tendresse fonctionne par instants, et que le long-métrage a le mérite de s’intéresser à un sujet jusqu’ici absent des écrans de cinéma, soit la fragilité masculine dans ce qu’elle a de plus viscérale (puisque portant atteinte à sa virilité). Le souci, c’est que l’éveil sexuel - tant physique que métaphysique – est absent de Short Skin, finit par gagner l’image en guise de clausule, dans un train. Youpi, l’acteur sort de sa léthargie ! Oui, mais le film est fini…

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le 7 août 2019

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