L'Exode
7.8
L'Exode

Documentaire de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack (1925)

Pas mal…


Avouons que, sur le papier, un documentaire muet en noir et blanc sur l’exode d’une tribu nomade turco-iranienne, cela sonne un peu comme le cliché du truc austère et barbant – au demeurant idéal pour se faire mousser en comité cinéphile. Pourtant, Cooper et Schoedsack en tirent un film tout à fait supportable, par ailleurs étonnant à plus d’un titre : en un peu plus d’une heure, les deux hommes alignent les plans impressionnants (dont deux ou trois qui semblent vaguement aériens, ou en tout cas pris d’immensément haut), les idées d’intertitres assez ludiques (les onomatopées animales qui popent dans tous les sens, le « Brrrrr » qui tremble de froid, ou bien le « Nearer » qui grossit à l’écran) et surtout parviennent à nous immerger avec eux dans l’aventure de cette grande transhumance pour le moins épique : du site de départ à la terre promise (la famosa « land of grass »), on suit cette tribu et son troupeau de plusieurs milliers de têtes traverser des terrains tous plus dangereux les uns que les autres… et notamment celui qui compose le morceau de bravoure du film : la traversée d’une rivière.


Les Bakhtiari y plongent tous, eux et leurs bêtes, certaines ligotées à des radeaux, entassées les unes sur les autres (pas toujours facile à regarder), d’autres priées de se démerder comme elles le peuvent… puis tous s’élancent dans le courant, pour se laisser porter jusqu’à l’autre rive. Vous avez bien lu : des milliers d’humains et de bêtes pris dans le courant, qui s’y font trimballer pendant plusieurs minutes : c’est le spectacle que donne à voir ce Grass et c’est juste absolument fou à regarder. Il faut le voir pour le croire. Combien y sont restés ? Le film ne nous le dit pas, mais il semble évident qu’une pelletée ont dû se noyer au cour de la manœuvre… Toujours est-il que ce passage de la rivière doit durer dix ou quinze minutes et qu’il est de loin le plus impressionnant du film. Et on n’en sort que pour gravir ensuite les montagnes… les plus forts portant les plus faibles, humains et animaux mêlés, se portant indifféremment les uns les autres ; mais tout le monde sommé d’avancer, toujours… ou bien de mourir.


Bon, c’est rude, quoi. Mais fascinant à regarder.

ServalReturns
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le 21 janv. 2022

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