Après l’excellent Camille, dans lequel une Française s’aventure en Afrique, Boris Lojkine nous raconte l’histoire d’un Africain en France. Le même réalisme, presque documentaire, nous laisse stupéfait.
Boris Lojkine fait désormais partie des cinéastes français majeurs. Ici sa mise en scène, le jeu avec le son off, sa capacité à raconter, le casting, la direction des acteurs, la complexité des personnages, l’actualité, la pertinence et la richesse de son regard en font un film magistral.
Difficile à croire qu’Abou Sangaré Souleymane n’a jamais été acteur. Sa prestation est à couper le souffle. Et le mérite revient grandement au réalisateur qui a adapté son scénario à la trajectoire de l’acteur, si bien que celui-ci ne fait que représenter sa vie, ce qui contribue évidemment à cette extraordinaire impression de réalisme.
Après le très beau Io Capitano de Mateo Garrone, qui aborde le chemin de croix des migrants traversant l’Afrique, Lojkine les filme en territoire européen, plus particulièrement à Paris, où le rêve occidental prend des allures de cauchemars éveillés.
Le meilleur film français de 2024.