« L’humanité », quel titre pompeux pourrait-on dire. Quel sot aurait pour but de synthétiser l’humanité dans une œuvre ? Ce bon vieux Bruno Dumont voyons ! Lui, qui, interview après interview, désespère de plus en plus. Heureusement que le garçon est talentueux.
Deuxième film de Dumont, L’humanité est un film assez unique. Un scénario d’enquête policière dans une ville paumée du nord de la France, le tout, joué par des acteurs amateurs. Si l’on connaît la première partie de carrière de Dumont, rien de surprenant.
Évidemment, cette enquête n’est qu’un prétexte pour suivre Pharaon, un policier probablement autiste, face au mal et à l’horreur qui ronge l’humain. Le plan de l’origine du monde en est le symbole, l’humain autodestructeur capable du pire.
Dumont est peut-être le seul à avoir cette capacité à suspendre le temps de certaines scènes, mettant ses personnages dans une sorte d’état de grâce. Emmanuel Schotté qui tient le rôle de Pharaon, est parfait. Il arrive à nous faire ressentir de la bonté, de la douleur ou encore de la tristesse, avec un simple regard aboutissant à cet état de grâce. Peut-être le plus beau regard de l’histoire du cinéma.
L'humanité est donc une pure expérience de cinéma nous entraînant jusqu’aux confins du sublime, au sein même d’une humanité cernée par le mal et la douleur. 3 prix à Cannes amplement mérités.