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L’Incroyable Femme des Neiges avance comme une brise froide — parfois piquante, parfois simplement perdue. Betbeder cherche un équilibre délicat entre comédie douce et mélancolie polaire, mais le film — pourtant lumineux par moments — semble glisser entre ses propres intentions. Blanche Gardin, en Coline, traverse la neige avec une fatigue presque palpable : sa peau froissée par le vent, ses yeux rougis par les non-dits, sa voix comme couverte de givre. On sent la matière — la poudreuse, le souffle du froid, la lumière laiteuse — mais tout cela reste trop souvent décor, plutôt que dramaturgie. La mise-en-scène — volontiers pudique — peine à donner un vrai rythme. On devine les plans larges, les horizons gris-bleu, les silences étirés… mais ils restent comme suspendus, sans tension. Le film respire, oui — mais il respire un peu à vide. Les dialogues entre Coline, Basile (Philippe Katerine) et Lolo (Bastien Bouillon) cherchent l’émotion dans le décalage, pourtant la caméra — immobile, presque hésitante — ne capte qu’un éparpillement. La neige devrait être personnage. Ici, elle n’est qu’un voile. Le son — craquements, vent, lointains chuchotés — met parfois en place une atmosphère, mais sans jamais la tenir. Et quand le récit nous emmène du Jura au Groenland, le dépaysement n’a même plus de rugosité : le blanc devient flou, le monde devient concept. On pense parfois à certains récits hybrides — ces fables dans lesquelles l’excentricité ouvre vers autre chose. Mais ici, l’excentricité flotte, sans ancrage. On voudrait trembler, rire, frissonner, ressentir la chaleur du foyer ou la morsure du blizzard — pourtant le film laisse une impression diffuse, presque tiède. Coline, c’est une héroïne qui cherche son centre. Le film, lui, semble ne jamais trouver le sien. Ma note : 6 / 20
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