Notes sur le film : Si la réalisatrice-actrice, Olivia Wilde, s’y tient tout de même à distance, car son huis-clos est surtout une manière pour les personnages de régler ostensiblement leur compte, on pense irrémédiablement à Woody Allen, car le cinéaste new-yorkais est l’incarnation même du drame bourgeois urbain et en intérieur, dans lequel The Invitation s’insère de manière évidente.
Mais la trajectoire de l’intrigue, ici, paraît trop homérique, et donc forcée : les disputes entre le couple principal, puis entre tous les personnages, s’enchaînent avec une telle facilité qu’on s’étonne d’un tel passage en force, loin des conventions sociales attendues par ce type de personnages. L’agitation finalement extrême des situations paraît grossière, comme l’humour pince sans-rire est un peu trop systématique, alors qu’un Woody Allen, pour ne citer que lui, mettait l’humour au service des situations, d’une humeur et des personnages, et pas forcément pour relancer la machine ou l’alimenter, comme ici.
Plutôt bien joué, et avec une mise en scène pensée, notamment avec des cadres signifiants qui rassemblent ou dissemblent les individus, The Invite est décevant, d’autant plus qu’on a lu, ci et là, que c’était un chef-d’œuvre : c'est aussi exagéré que les disputes de ce film.