Comment l'auteur de Stand by Me, Princess Bride, Quand Harry rencontre Sally et Misery a -t-il pu autant se fourvoyer dans cette erreur de parcours aux défauts innombrables ? En adaptant le roman "North" d'Alan Zweibel, Rob Reiner, pourtant réalisateur talentueux et hétéroclite, aligne les pires clichés et les fautes de mauvais gout avec un souci désarmant. Pourtant, l'histoire féérique de cette fable moderne et le casting quatre étoiles laissaient présager le meilleur pour ce North pas vraiment irrésistible...
Nous suivons donc les péripéties de North (Elijah Wood, alors une mini-star reprenant le vide laissé par son pote Macaulay Culkin), garçonnet aimé de tous mais ignoré de ses géniteurs qui décide de s'émanciper. Gagnant un improbable procès contre ses parents, il est cependant obligé d'en trouver de nouveaux avant la fin de l'été sous peine d'être placé dans un orphelinat. Débute alors pour North un voyage aux quatre coins du globe afin de trouver les parents idéaux. Sur son chemin plein de déceptions et de désillusions, North rencontrera à chaque fois un énigmatique bonhomme (Bruce Willis, ringard au possible) qui le guidera vers sa destinée.
L'idée est folle mais le résultat catastrophique : outre cet univers rose-bonbon à la Roald Dahl et cette histoire improbable, nous faisons face à des situations dénuées d'humour, de logique et de compréhension où personne ne trouvera son compte, que ce soit les gamins perdus dans une histoire abracadabrantesque ou les adultes ennuyés devant tant de bêtise. Le casting all-star cabotine et semble se faire plaisir (Dan Aykroyd, Reba McEntire, Alan Arkin, Jon Lovtiz, John Ritter, Jason Alexander, Graham Greene, Kathy Bates et j'en passe) mais ne parvient jamais à nous amuser.
Quant aux clichés, ils sont juste incroyables : la façon dont Reiner dépeint les Inuits, les Texans, les Français ou encore les Hawaïens tient de la parodie la plus totale. Pour le reste, L'Irrésistible North est visuellement hideux, aux rares effets spéciaux ratés (Seigneur ces incrustations !), aux séquences lourdingues et au rythme mollasson, le tout ponctué de costumes ridicules. Erreur de parcours impressionnante classée parmi les films les plus haïs des années 90, L'Irrésistible North est ce genre de longs-métrages que l'on préfère oublier. C'est d'autant plus regrettable que l'histoire, bien que naïve et enfantine, demeure un conte rigolo qui aurait pu plaire à tout le monde.