Le film est dédié à Jean-Pierre Bacri, et quand on voit au générique le nombre de personnes venues aider Agnès Jaoui à boucler son scénario, on ne s'étonne plus de l'impression d'objet mal dégrossi, mal maîtrisé, mal foutu et pourtant vivant et intéressant. Un puzzle foutraque, trop long et rythmé à la va comme je te pousse.

L'erreur fatal est de créer des caractères, dessiner des personnages archétypaux, comme le père dénué de surmoi, les grandes gueules de service, les petites apeurées comme des chatons sortis de l'eau, le rebeu de service qui se passionne pour l'opéra, etc pour fonder le film sur l'idée qu''ils vont tous en prendre pour leur grade et bouger un peu ( pour les vieux ). L'enjeu de prendre parti ou de s' y refuser est réellement passionnant mais à demi-plombé par les personnages trop lourdement assénés.

L'intelligence du film aurait été de travailler sur les situations, les creuser, appuyer vraiment là où ça mal. Il en aurait découlé des personnages plus intéressants et plus attachants que cette pauvre Mirabelle dont le réveil peine à convaincre.

Et puis les dialogues nom d'un chien, les dialogues, parfois ils font mouche comme au bon vieux temps de Jabac, parfois ils ne servent qu'à faire tourner la machine trop grande pour elle du film.

Le film coulisses de création, le film sur des conséquences sociétalo-politiques de Metoo, le film salvateur pour garder un peu espoir, ou la tête en dehors de l'eau pour Agnès Jaoui, cela fait sûrement un peu trop.

Sa passion pour l'opéra n'est pas démentie par le film tout en nous laissant un peu sur notre faim, tout comme le rôle et le personnage joué par Daniel Auteuil...

Au lieu de montrer une sorte de conflit de générations, peut-être eut-il été plus honnête de montrer encore plus la vieille génération noyée par la vague. Se concentrer sur trois personnages, le chef d'orchestre, le vieux chanteur et la vieille chanteuse. Les montrer tirer leur révérence, laisser place à un autre trio, une autre génération, un peu moins caricaturée. Une chanteuse, l' assistante, et un musicien.

Les père sont écrasants comme le vieux mécène, et le vieux satyre qu'a plus toute sa tête. Pauvre génération que celle d'Agnès Jaoui coincée entre ces vieux dictateurs et les jeunes loups prêts à faire table rase.

Triste tableau au fond, qui étouffe un peu dans l’œuf la tentative de happy end.




PhyleasFogg
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le 13 juin 2026

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