Un bruit... un boucan... un tapage... un vacarme... un tumulte... un tintamarre... un raffut...
L'art de projeter images et sons afin de passer un agréable moment est-il devenu désordre criard et terne ?
Inutilement interminable, cette adaptation peine à nous divertir. Hâté comme un timelapse, on finit par décrocher, cela même dès les premières minutes.
Après le migraineux Oppenheimer, l'intérêt d'un tournage en Imax est une fois de plus inexplicable, pour du simple champ-contrechamp et des scènes d'action illisibles doublées d'une mise au point douteuse, floue à filer le mal de mer.
D'une sombreur déprimante, ce premier degré nous donne l'impression de rôder au royaume d'Hadès durant près de trois heures, sans espoir de sortir de la salle, le regard matraqué devant un plombant et oppressant péplum.
Les dialogues excessifs et barbants soufflent dans vos oreilles une poésie qui vous envoie tout droit vers Charybde. Vous décidez alors de contourner ce tourbillon mais la "Scyllande-Originale" désaccordée ne fera qu'une bouchée de vos tympans.
Sans raison, certains personnages se mettent à hurler d'un coup d'un seul, nous faisant bondir du siège. Beaucoup d'intrigues mystérieuses et de faux suspenses seront immédiatement oubliés dès la poursuite du soleil couchant puis le défilement des collaborateurs.
Est-ce de cette manière que néo-Nolan persistera à produire ses long-métrages ? A-t-il fermé un œil à l'image de Polyphème et tente d'éradiquer les derniers passionnés pris au piège au milieu d'un troupeau de moutons ?
Ce retour héroïque d'Ulysse est aux antipodes de la décadence du génie du père de l'odyssée de l'espace de 2014, à mes yeux son graal.
Je garde tout de même espoir qu'il retendra corde à son arc et bravera les douze haches pour reconquérir l'étincelle qui s'éteint tragiquement depuis bientôt dix ans.
"Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence"