L'Odyssée selon Christopher Nolan, ou comment réussir à réduire un des plus grands récits de tous les temps à un enchaînement effréné de péripéties dénuées d'émotion, éprouvées par des personnages sans consistance. Le tout au service d'une morale trop clairement énoncée dans des dialogues grandiloquents et vides, mais dont on n'éprouve jamais rien.
La mythologie grecque y devient un empire de fadeur, où les costumes sont d'une absurdité sans nom (entre le costume de Batman et les fameux pantalons à la mode grecque je ne sais que choisir) et le flot musical, omniprésent, coule inlassablement sans jamais pénétrer l'oreille.
Si Nolan s'évertue à nous prouver qu'il a bien fait ses devoirs en lisant L'Odyssée, à travers son application scolaire à vouloir en retranscrire les faits (même si les lotophages fusionnent avec Calypso, qu'Éole a été emporté par le vent, et que Nausicaa et l'île des Phéaciens manquent à l'appel, notamment), il n'a clairement pas su saisir tout ce qui se jouait entre les lignes.
Le souffle homérique manque à ce film sans profondeur qui s'obstine à ne laisser aucune place à la respiration.
Un divertissement efficace mais sans âme, à l'américaine, avec en bonus une version au rabais pour ceux qui n'ont pas le compte en banque suffisamment rempli (la moitié de l'image pour la moitié du prix).
On ne voit certes pas le temps passer, mais que reste-t-il une fois le produit consommé ?