La comparaison s'impose avec The Return, le retour dUlysse, d'Uberto Pasolini, sorti il y a à peine plus d'un an, mais elle tourne court tant l'épure de l'un s'oppose au sens du grandiose de L'Odyssée de Christopher Nolan. Ce sont deux visions qui se rejoignent cependant en leur conclusion humaniste et porteuse d'émotion. L'Homère d'alors est respecté dans la version du cinéaste britannique qui intègre toutes les fantasmagories et les personnages fantastiques du récit, quitte à faire parfois très court (les sirènes, Charybde et Scylla) et anecdotique. Tout ce qui est attendu y est ou presque, mais le côté épique frappe finalement moins que l'approfondissement des états d'âme d'Ulysse, de Pénélope, voire de Télémaque (pas très bien incarné, hélas). Nous sommes bien dans un blockbuster, mais aussi dans un film d'auteur, comme en témoignent certaines scènes marquantes (Circé). En dépit d'une interprétation inégale, la construction narrative donne à l'ensemble, outre sa fidélité à l'œuvre écrite originelle, le sentiment d'assister à un spectacle, certes, mais non dénué d'âme et de profondeur. Pas de quoi grimper aux rideaux pour les admirateurs d'Homère, mais le sentiment, tout de même, que les futures adaptations de L'odyssée seront nécessairement confrontées à celle de Nolan et qu'il y aura beaucoup de travail et peut-être un brin d'inconscience pour se hisser à la même hauteur.