Avant de désigner un film à gros budget bénéficiant d’une promotion écrasante, le terme “blockbuster” qualifiait, à l’origine, un genre de bombe utilisé par la Royal Navy (l’Angleterre, donc, pas les États-Unis…), qui détruisait en gros, sans souci du détail ; on lit sur Wikipédia : << Ces bombes n’étaient pas précises et ne pénétraient pas dans le sol à l'impact. [...] Cela avait pour effet d'exposer les charpentes, planchers et mobiliers en bois qui prenaient feu à cause des bombes incendiaires larguées simultanément. Cette méthode particulièrement meurtrière pour les populations civiles était surtout utilisée par les forces aériennes britanniques qui, faute d'aviation de chasse à long rayon d'action, effectuaient principalement des bombardements de nuit peu précis. >> Puissance de frappe sans subtilité, en vue de faire le plus de dégâts possibles, détruire, toujours détruire, fascination pour la destruction, civilisation de la destruction – “L’Odyssée” de Christopher Nolan (Anglais…) n’en est qu’un ersatz de plus, la continuation de la destruction de masse par d’autres moyens – il y a la bombe A et il y a la laideur esthétique, le F-35 et le mauvais goût, Donald Trump et Christopher Nolan… Agressivité estomaquante, à force d’être perpétuelle, systématique, et d’aller jusqu’à prétendre pouvoir faire civilisation… La contre-offensive consiste à exposer le mensonge comme mensonge, la laideur comme laideur, par la mise en rapport avec des oeuvres qui, elles, sur le même sujet (ici l’Odyssée), affichent un évident meilleur goût : l’on a ainsi, pour cette fois : Monteverdi, Harnoncourt, mais aussi le génial Jean-Pierre Ponnelle – talentueux, lui, grand réalisateur, lui.
https://youtu.be/Pz-ezun8cCg?is=_Tj-2sEqTfVGYbjM