L'Odyssée
7.3
L'Odyssée

Film de Christopher Nolan (2026)

Chacun sait aujourd'hui que Christopher Nolan n'a pas inventé le voyage dans le temps. La fiche Allociné du film nous rappelle en effet que l'Odyssée est l'oeuvre de Homer, personnage créé en 1989 par Matt Groening et qui, lors d'un épisode non canonique, se téléporta au 8ème siècle avant Jésus-Christ pour écrire son magnum opus. L'affaire fit grand bruit, au point que l'humoriste français Michel Müller, prenant ombrage de cette subite concurrence hollywoodienne, se fendit en 2005 d'un droit de réponse sobrement intitulé "La vie de Michel Müller est plus belle que la vôtre" ; il fut rapidement (ou précédemment, c'est selon) rejoint par Clément Michel puis Vincent Desagnat, lequel, dans la controversée adaptation de la pièce "Le Carton" par Charles Nemes, habilla la couette de son lit d'une housse aux couleurs d'un explorateur de l'espace, ce qui ne passa pas inaperçu aux yeux de la belle Cécilia Cara lui susurrant, dans un épilogue aujourd'hui encore lourd de sens : "J'ai toujours rêvé de passer la nuit avec Ulysse 31". Les plus alertes l'auront repéré : Charles Nemes, Michel Müller et Christopher Nolan sont tous les trois des êtres humains, et ils ont tous les trois fait des films. Mais seul Nolan, peut-être poussé à la faute par Homer et sa tendance à rester avachi sur son canapé en zappant tel Gilles Lellouche dans "Ma Vie en l'air", a, toute sa vie, échoué à tourner des plans de plus de cinq secondes consécutives.


Mais cet échec en est-il vraiment un ? Des sources concomitantes évoquent en effet un coût de production de "L'Odyssée" équivalent à quatre-vingt bazilliards de bitcoins, financé en grande partie par un fonds d'investissement dont le siège social, sis en banlieue de Montargis, compte à son actif un conglomérat de night-clubs présidé par un homme d'affaires saoudien soupçonné de meurtre. Les esprits chagrins auront tôt fait de faire le rapprochement avec l'affaire des arnaques à la TVA dépeinte dans la série "D'argent et de sang", qui compte à son casting des personnes ayant vu, et apprécié, des films de Christopher Nolan ; parmi lesquelles Ramzy Bedia, dont un proche cousin a été aperçu sur Instagram en train de poster une story de sa femme faisant bronzette sur une plage située à moins de cinq cent kilomètres de l'endroit où a été tournée la scène de révolte finale de "L'Odyssée"... dans laquelle Robert Pattinson, caché derrière un pilier, demande qu'on lui fournisse un bouclier pour qu'il se protège des coups de son partenaire de jeu. Une scène dont la construction semble précisément calquée sur l'introduction d'un film d'aventures dans lequel Sean Bean meurt, ce qui ne resserre guère le champ des possibles mais pose question quant au bien-fondé d'un tel procédé.


A la question "peut-on décemment faire mourir Sean Bean 80 fois", Nolan en préfère néanmoins une autre : jusqu'à quel point peut-on réviser l'Histoire ? L'Odyssée avait marqué un large public de collégiens au début des années 2000, lorsque, popularisée par la série de Matt Groening, elle fut inscrite au programme de l'Education nationale qui trouva sain d'enseigner aux jeunes qu'on pouvait échapper à un cyclope en se cachant sous des moutons. Les temps ont changé : censurée, cette péripétie a été remplacée par des acteurs noirs ou transgenre, ainsi que des femmes. Si le procédé manque d'élégance, il n'est pas neuf, le clippeur David Slade ayant offert en 2005 à Elliot-Ellen Page les couilles de Patrick Wilson dans un mixeur, comme un premier pied de nez à l'hétéronormativité cis-genre qui sclérosait Hollywood et provoquait le rabattement massif du public américain vers des productions françaises comportant Vincent Desagnat à leur casting. Ce dernier, s'enduisant les pieds de confiture de framboise dans l'émission "Morning Live" de 2000 à 2003, n'eut d'autre choix que de passer le flambeau quand Gilles de Robien, peu connu ministre du gouvernement français, imposa aux enseignants de faire lire à leurs élèves tous les passages de l'Odyssée, incluant celui, tristement connu, du méchoui.


Cette scène, conservée scrupuleusement dans le film du cinéaste Christopher Nolan (1970 - ?) pose néanmoins question à plus d'un titre. Tout d'abord, c'est de la merde. Ensuite, il y a Zendaya. Enfin, la tronche des soldats, pris sur le fait comme des lapins dans les feux de la R5 de feu mon père, expriment à cet instant une palette de jeu extrêmement proche de celle de Michel Müller, dans des plans néanmoins trop courts pour qu'on puisse en prouver l'inspiration. Mais il n'est pas à exclure que l'artiste, qu'on sait retiré de la vie publique depuis de nombreuses années, n'ait anticipé ce pillage en règle. De pillage, il sera aussi question dans de nombreuses scènes comportant de la musique, signée sous un pseudonyme exotique par une intelligence artificielle nourrie à Hans Zimmer, qui fait pouet pouet pendant 2 heures et 53 minutes. Mandatée, Queenie Goldstein (des Animaux fantastiques) a lu son esprit pour le confirmer : "j'aime bien quand ça fait pouet pouet", a pensé le cinéaste, avant de demander quarante-trois bizoulliards de roubles turques à la maison de production Universal pour que ça fasse pouet pouet pendant tout le film. L'historien du cinéma Gilles de Robien (le prénom a été changé) s'en est ému, affirmant (et on peut le comprendre) qu'à la longue, ça cassait les oreilles.


Gilles de Robien qui doit par ailleurs être bien content, en bon gardien des moeurs, que le film promeuve une forme de chasteté pourtant antinomique avec son scénario, qui voit Ulysse pourvu d'un fils (ayant donc nécessité qu'il fasse rentrer son zizi quelque part, si vous voyez ce que je veux dire, sans vouloir être cavalier, c'est bien mal me connaître). Complotistes, des critiques de droite se sont déjà érigées en faveur de la probabilité que Téléramaque ait été conçu en collaboration avec une chèvre, ce que corrobore un quotient intellectuel suspicieusement bas à différents instants du métrage ; mais on rendra à César ce qui appartient à César en rappelant que dans l'oeuvre originale, le jeune homme était déjà maxi-teubé en échouant à reconnaître son père, de retour au bercail, au prétexte que celui-ci avait du poil au menton. Toujours est-il que cette approche prude de la chose sexuelle (qui voit son climax au moment où Ulysse effleure par mégarde le coude de Calypso occupée à bouffer des fleurs de lotus comme une espèce de débile) adossée à de fréquentes erreurs de jugement de la part de personnages programmés comme des PNJ de GTA 4 est une erreur grossière. J'invite ici Christopher Nolan à se rapprocher, pour l'édition Director's Cut, de la performance du jeune auteur de ces lignes, qui, à moins de 15 ans et dans le cadre de l'atelier théâtre de son collège, entreprenait vigoureusement et consensuellement de peloter (avec une réciprocité non feinte) le fessier rebondi de sa Pénélope, dont il sentait les seins fermes et juteux comprimés contre son torse. Josiane, car tel était (et est toujours) son nom, s'est depuis mariée avec un jeune homme de bonne famille auquel elle a donné trois enfants, et la famille vit heureuse dans un pavillon en banlieue d'Arles ; au même âge, célibataire, locataire et chômeur, son ancien partenaire de jeu se paluche sur des GIFs de Jennifer Connelly montant sensuellement un cheval de manège. J'ai peut-être raté ma vie, Josiane ; mais moi, au moins, je suis pas moche comme ton mari, là, ahahahah, il est trop moche le gars, j'arrive pas à croire qu'il se soit casé. Baltringue.


La présence d'acteurs au physique disgracieux, les invraisemblances manifestes d'un scénario écrit par un personnage à la peau trop jaune pour être honnête (Clint Eastwood, rappelons-le, le prouva dans "Lettres d'Iwo Jima") et le fait qu'on aperçoive très nettement Tom Holland de face ne jouent pas en la faveur de cette nouvelle adaptation. Cependant, il faut rappeler que Nolan, doué comme son confrère grec de la capacité de voyager dans le temps (Leonardo Di Caprio le prouva dans "Paprika"), a l'art de brouiller les pistes. En évitant d'étirer tout plan au-delà de la limite de durée de concentration du cerveau humain depuis l'avènement de TikTok et de Bilibili, soit donc 5 secondes, en empêchant de naître en lui toute forme d'excitation sexuelle ou guerrière liée au spectacle qui lui serait montré, il anesthésie le public et l'empêche, in fine, de se poser une question pourtant fondamentale : "est-ce que je ne ferais pas plutôt mieux de préparer des lasagnes ?". De nombreuses recettes sur le site Marmiton indiquent un temps de préparation très inférieur à 2 heures et 53 minutes. Mais le fan de Nolan moyen, lobotomisé par la présence de Matt Damon à l'écran qui fait genre il a des trucs intelligents à dire en prenant une voix grave et tout, est génétiquement bien incapable de prendre un tel recul. Il ne fait plus la différence entre Homère et Michel Müller, entre Polyphème et Grendel. Pour lui, ce qui compte, c'est la bobine IMAX en 70 millimètres, qui n'est regardable décemment en France que dans la sainte ville de Montpellier. La même qui, au Moyen-Age, vit fouler ses terres un lointain aïeul de John Leguizamo, qui joue dans le film un aveugle. En vrai, on voit bien qu'il ne l'est pas vraiment, mais on accepte, le temps de quelques heures, de suspendre son incrédulité, de se laisser embarquer par la magie du cinéma, ce trait d'union entre les peuples financé avec l'argent de la drogue. David Ayala n'est pas mort pour rien.

boulingrin87
6
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le 18 juil. 2026

Modifiée

le 18 juil. 2026

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Seb C.

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