Je n'avais aucune attente particulière en allant voir ce film. Pourtant, Christopher Nolan a su, une fois de plus, repousser les limites de l'audiovisuel. Il s'impose ici comme un artiste, un maître d'œuvre qui moule sa matière, la déroule et joue avec nos sens pour nous faire vivre une expérience totale.
Pendant la projection, j'ai tangué comme sur le pont d'un navire. Le réalisme est tel que j'en ai eu le haut-le-cœur ; ressentir physiquement le mal de mer face à un écran est une prouesse rare. L'oppression est constante, magistralement amplifiée par une musique où chaque note est millimétrée. Le choix de ce rythme haletant est une surprise brillante pour nous faire habiter le calvaire et les enjeux profonds que traverse Ulysse.
En partageant ce voyage aux côtés de cet homme, de sa famille et de son peuple, le film nous rappelle une vérité essentielle : l'homme est imparfait. Il change, et se doit de changer. Non pas pour se fondre dans la masse, mais pour transformer le monde à sa manière, armé de force, de courage, d'humilité et de bon sens. Il faut braver ses échecs pour avancer. Car lorsque l'on tombe de haut, le prix à payer est lourd : nous sommes notre propre fardeau, et nous devons en porter le poids.
Ce film nous apprend qu'il faut grandir et aller de l'avant. Et que, tout comme pour Ulysse, l'amour reste le seul remède au regret.
« Je sais bien que la sage Pénélope est moins belle que toi [...] ; elle est mortelle, et tu ne dois connaître ni la vieillesse ni la mort. Malgré cela, je désire et je souhaite chaque jour de retourner dans ma demeure. » — Ulysse