L'Odyssée de Christopher Nolan était clairement l'un des films les plus attendus de cette année 2026.
Christopher Nolan livre une fois de plus un vrai grand film de cinéma.
Spectaculaire, formidablement mis en scène, photographié et interprété l'Odyssée remplit son cahier des charges et donne une vision actuelle efficace et saisissante du récit d'Homère retranscrit avec une certaine fidèlité .
Pour autant le film n'est pas parfait non plus et souffre notamment des stigmates propres au style de son metteur en scène.
C'est en effet une vision clinique du récit d'Homère dans laquelle les personnages ne cherchent à aucun moment à créer une connivence avec le spectateur.
La légèreté et l'humour , comme toujours chez Nolan, sont les grands absents du film , qui en conséquence n'est emprunt d'aucune légèreté .
Par ailleurs, si certaines épreuves comme celles du Cyclope ou de Circée sont assez marquantes, d'autres comme les sirènes ou Charybde et Scylla sont malheureusement un peu vite expediées.
On regrettera aussi une fin qui cède à une énième bataille qui ne s'imposait pas avec une telle ampleur et dont la surenchère n'apporte rien de plus au film et à sa conclusion .
Tout cela ne retire rien à la puissance du film, à la nécessité du cinéma de Nolan et au romanesque de la mythologie de l'Odyssée tel qu'il nous est conté dans cette version.
Mais à l'arrivée on quitte la salle en se demandant si la relecture futuriste de Jean Chalopin et Nina Wolmark qui transposait l'Odyssée au 31ème siècle en version animée sur FR3 dans les années 80 ne nous avait pas d'avantage plu et marquée et si la légèreté que l'on appréciait dans le kitsch de la version de 1954 avec Kirk Douglas ne nous a pas non plus manquée lors de cette projection.
La nostalgie peut parfois nous induire en erreur car sa saveur peut être trompeuse, surtout face à un film si massif et abouti, mais la question s'est tout de même posée...