Allez… pas d’inspiration… on commence avec une citation… comme dans une dissert de philo pour le bachot… Pas d’inspiration après ces trois heures de vacarme…
« Et les Américains du Nord, alors, comment s’appellent-ils ? Les habitants des États-Unis ? Voilà un peuple, celui du premier pays du monde, qui ne s’appelle pas. Il n’a pas de nom. Il n’a pas de nom parce qu’il n’a pas d’Histoire. Alors il vole celles des autres pays. Pour faire du cinéma qui se regarde. Ou qui se voit, et qui s’oublie. »
Voilà ce que pensait le regretté Jean-Luc Godard… Et ne voilà-t-il pas qu’un faquin cristallise cette pensée… En un seul film… L’Odyssée de Christopher Nolan !...
Nolan, il a découvert ce chef-d’œuvre sur le tard… ça se sent… il a pas dû le lire en grec… peu de chances… non, plutôt une version simplifiée pour les gamins qui entrent au collège… c’est pour ça qu’il doit manquer environ trois quarts des péripéties du bouquin… mais on le pardonne, il avait que 250 millions et une durée de trois heures pour faire son truc… le pauvre homme… Précisons aussi qu’il n’a peut-être pas compris la différence entre l’Iliade et l’Odyssée… passons…
Pour faire court, « l’Odyssée » de Nolan, c’est Travis Scott qui tape sur le sol avec un bâton… et des scènes d’action qu’il essaye de foutre partout où c’est possible… Dans son petit Homère pour collégiens, il avait tout surligné… les coups de lance… les massacres… les gros bras… Et vas-y que je te cogne !... Le reste ?... Des bavardages ! Des Grecs qui causent ! Fallait supprimer… dans sa tête à Nolan… Par contre, Pénélope… elle peut causer ! Elle attend… elle soupire… elle recommence… Des heures ! Une morte au téléphone ! Entre deux massacres, fallait bien meubler… à croire qu’il avait peur du silence, le type… Pour faire court, entre chaque scène de castagne, on se tape une petite « télénovela à Ithaque »… c’est formidable… formidablement mal écrit… c’était peut-être écrit comme ça dans son petit livre… arrêtons de spéculer méchamment…
Ces « dialogues » me font penser qu’il faut que je cause un peu des acteurs… Soyons brefs… Comme d’hab, Nolan galère à faire parler une gonzesse, donc le jeu d’Hathaway est pitoyable… mais attention, c’est pas la pire… Spider-Man… ah non… Télémaque, joué par le talentueux Tom Holland… j’ai cru revoir James Dean… magnifique… j’ironise, bien sûr, et n’ai pas envie de m’étaler sur son « jeu »… Il a réussi à ramener sa copine dans le film… c’est trop mignon… Son rôle, si j’ai bien compris, c’est de « jouer » Athéna… ce qui se résume finalement à encaisser un chèque et à faire grossir le compte commun… Même Pattinson joue mal, c’est pour vous dire… rien ne va plus… Y a que Damon qui se démène… on note l’effort…
Côté mise en scène, le grand néant… mais un néant en soixante-dix millimètres !... Attention !... Le vide monumental !... La migraine panoramique !... Il vous agrandit même le rien, le Nolan… faut lui reconnaître ce talent-là… Il a peut-être cru qu’il tournait le nouveau Ben-Hur, le gonze… Mais n’est pas William Wyler qui veut… Enfin, pourquoi je m’étale sur cette merde ?… De l’Homère pour parc d’attractions…