Plutôt qu'une critique en bonne et due forme, voici, en clin d’œil à la Coupe du monde, une synthèse en douze points (11+1) de ce que j'ai aimé... et moins aimé dans L'Odyssée de Nolan. Les notes du match, en quelque sorte !
Pénélope : 7/10
Anne Hathaway est plutôt convaincante en épouse résiliente et gardienne des lieux. Je regrette simplement que Nolan ait laissé de côté l'épisode du lit conjugal, construit à partir d'un olivier, qui constitue l'une des plus belles ruses du récit et met en valeur l'intelligence de Pénélope.
Agamemnon : 9/10
Sans doute, avec Ulysse lui-même, le personnage qui m'a le plus marqué. Sa démarche, son costume de dingue, son petit côté Dark Vador... On le voit peu, mais chacune de ses apparitions imprime la rétine. Le Upamecano du film !
Circé : 4/10
Dans le film, elle ressemble avant tout à une sorcière sortie d'un conte traditionnel. Chez Homère, Circé est plutôt une magicienne dotée d'un puissant pouvoir de séduction. Certes, elle transforme les compagnons d'Ulysse en porcs, mais elle fait aussi d'Ulysse son amant et son compagnon pendant une année entière. Ici, tout est expédié au pas de course.
Calypso : 4/10
L'actrice est bien choisie, mais on a le sentiment qu'elle ne retient Ulysse que par sa dépendance au lotus (un emprunt à l'épisode des Lotophages). Quid de l'emprise amoureuse et charnelle que Calypso exerce sur lui ? C'était l'occasion de montrer un héros moins monolithique, partagé entre désir et nostalgie. Nolan préfère une relation fade et désincarnée. Là encore, on est très loin du personnage imaginé par Homère.
Athéna : 2/10
Un peu comme Koundé en équipe de France, Zendaya fait de la figuration. Effacée et peu charismatique, elle est tout le contraire de l'Athéna d'Homère : une déesse active, volontaire et guerrière, qui oriente sans cesse le destin d'Ulysse.
Hélène : 5/10
On le constate de film en film, les personnages féminins ne sont pas le point fort du réalisateur. Pas grand chose à dire du personnage d'Hélène qui est ici assez transparent.
Antinoos : 6/10
Robert Pattinson campe un prétendant antipathique (pléonasme !). Il occupe le milieu de terrain sans commettre d'erreur, mais sans véritable éclat non plus.
Télémaque : 6/10
Le personnage est assez fidèle au récit original, mais je n'ai pas été totalement convaincu par le choix de l'acteur.
Ulysse : 8/10
Matt Damon livre une prestation très crédible. En revanche, son Ulysse, nostalgique et rongé par la culpabilité, reste très éloigné de celui d'Homère : entreprenant, rusé et séducteur en diable.
Polyphème : 4/10
C'était sans doute la séquence que j'attendais le plus, et celle qui m'a le plus déçu. J'ai trouvé ce Cyclope assez banal et finalement peu effrayant. Surtout, l'épisode est privé de plusieurs éléments qui font toute sa force dans le texte original : le vin, le stratagème du « Mon nom est Personne », ou encore le jeu d'intelligence entre le monstre et Ulysse. Dommage.
Argos : 8/10
Pas un rôle facile pour le toutou : rester sagement couché sur son tas de fumier et remuer la queue au bon moment. Mission accomplie.
Enfin, Nolan lui-même : 8/20
J'ai apprécié la réalisation : mise en scène, décors, rythme, narration... rien à redire, si ce n'est quelques longueurs dans le dernier quart du film. C'est du grand spectacle qui fait le taf. En revanche, en tant que sélectionneur, son casting est plus discutable et le dispositif manque un peu de fun.
6,5/10